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la situation de crise

le Sam 23 Oct 2010 - 20:13
AGAZINE Le sportif d’élite et les situations de crise

Parvenir à faire le deuil

Maladie, blessure, contre-performance ou mise à l’écart: autant d’aléas de la vie d’un sportif d’élite qui peuvent conduire à une situation de crise. La recherche du sens de tous les sacrifices consentis, un entourage de qualité, voire une pause accompagnée d’un travail sur le mental constituent alors les clés pour sortir le moral des chaussettes.

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Pour le grand public intéressé, le sport demeure un vecteur d’émotions, voire exacerbe les passions. L’investissement émotionnel du sportif de haut niveau, lui, repose essentiellement sur l’estime de soi et la reconnaissance du public et des médias. Mais tout musclé, affûté et techniquement au point qu’il est, le sportif d’élite peut parfois voir son équilibre psychique atteint et devenir victime d’un coup de blues. Eclairage avec le Bullois Sylvain Silberstein, psychologue du sport.

– Sylvain Silberstein, quels sont les facteurs qui peuvent conduire un sportif d’élite à une situation de crise?
Tout grain de sable dans l’engrenage empêchant d’atteindre l’objectif – maladie, blessure, contre-performance, éviction d’un cadre, mise sur la touche ou sentiment de la fin de carrière – peut amener le sportif d’élite à une situation de crise. Celui-ci a comme caractéristique de s’être énormément investi, dans la plupart des cas déjà depuis son enfance. De plus, il attire derrière lui un énorme investissement: soutien financier, des parents, de l’entourage… Les buts qu’il peut avoir dans son sport deviennent dès lors quelque chose d’extrêmement lourd. Et plus l’objectif est élevé et ambitieux, plus il se met de la pression.


– Quels indices peuvent faire penser qu’un sportif de haut niveau traverse une période difficile?
Le premier indice objectif est la baisse des résultats. L’entraîneur, le coach ou les parents peuvent ensuite déceler une situation de crise à travers un manque de motivation, une perte de sens. Un des éléments les plus difficiles pour le sportif d’élite est de garder le sens, cette notion de finalité. Au fond, à quoi servent tous ces sacrifices? Dans une carrière, cette question, ce bilan survient iné-vitablement. La différence entre le bilan du sportif de haut niveau et celui du commun des mortels réside dans le fait que le premier s’effectue beaucoup plus tôt. Cette prise de conscience peut avoir lieu avant même l’entrée dans l’âge adulte, si bien que le sportif apparaît généralement comme une personne très mature.

– Quelles sont les clés permettant au sportif de pointe de se sortir d’une mauvaise passe?
Le travail fondamental demeure la recherche du sens, de cette finalité qui va guider le sportif, le motiver, l’instrumentaliser. Tout le monde doit trouver quelque part une récompense à ses efforts. Le sportif d’élite, lui, fournit des efforts physiques et psychologiques énormes, il faut donc un système de récompenses. Celles-ci peuvent être internes ou alors externes, comme la reconnaissance du public et des médias. Contrairement à la plupart des gens, le sportif d’élite a davantage besoin de cette reconnaissance externe. Il y a chez lui une ambition plus élevée, un ego plus important. Pour se sortir d’une période difficile, il apparaît également indispensable d’avoir un entourage positif et équilibré, qui va dans le même sens que le sportif. Un autre moyen peut consister à observer une pause, accompagnée d’un travail sur le mental.

– Le sportif de haut niveau est-il davantage sujet aux coups de blues que le quidam?
En regard de l’énorme pression liée aux résultats et aux sponsors, le sportif d’élite est une proie plus facile. Mais il a en général une force mentale qui lui permet de surmonter les mauvais moments. Le sportif qui se prend en charge devrait avoir une compétence d’introspection. Un bon entraîneur est celui qui «éduque» le sportif à faire des bilans réguliers: «Ai-je tout fait pour gagner? Ai-je utilisé la bonne stratégie?» Le sportif a aussi l’habitude de souffrir et de surmonter des défaites. Parvenir à faire le deuil d’une défaite mal vécue et peu de temps après être à nouveau au top, cela témoigne d’une force mentale extraordinaire.

– L’état psychique du sportif de haut niveau est-il trop souvent négligé?
Oui, même si de plus en plus de sports admettent que le mental apparaît tout aussi important que la technique et le physique. Simplement, à certains moments d’un match ou d’une compétition, un élément va tout à coup prendre le dessus sur les autres pendant quelques secondes ou minutes. Dans nos fédérations nationales, on pense qu’il est juste d’aider les jeunes sur les plans technique et physique. Malheureusement, quand ceux-ci atteignent un certain niveau de compétence, on imagine que la force mentale doit déjà être présente. Un jour, j’ai entendu un entraîneur dire d’un jeune qui avait besoin d’aide et de soutien: «Celui-là, s’il a besoin de voir un psy, il n’a rien à faire dans les cadres nationaux». Ce genre de réactions a tendance à disparaître, mais elles existent toujours. Faire appel à un psychologue a souvent été considéré comme un acte de faiblesse, alors que le sport demeure un domaine de gens forts.

– Une fois leur carrière terminée, les sportifs d’élite sont-ils nombreux à connaître un mal-être?
Oui, inévitablement. La fin de carrière pose un problème d’ego. Tout à coup, le sportif d’élite va devenir quelqu’un de normal, de moins connu, dont on ne parlera plus. Autre élément: dès son enfance, le sportif s’est tellement investi pour atteindre l’élite qu’il en devient «unifacette» et aura par conséquent plus de peine à rebondir. Il est dès lors de la responsabilité de l’entraîneur et de l’entourage de lui faire prendre conscience que, à un certain moment, il faut réfléchir sérieusement à l’après-carrière. Les anciens sportifs d’élite qui s’en sortent bien sont généralement ceux qui ont pris la peine de se former et de s’ouvrir à d’autres domaines. Il reste que pour moi, cette crise de la fin de carrière sportive ne prend pas plus d’ampleur que celle du quidam. La seule différence est qu’elle survient généralement plus tôt.
M. Rusca: «J’ai tout remis en question»

Maroussia Rusca et l’objectif manqué. Maroussia Rusca a connu une période noire en juin 2004, mois décisif pour l’obtention d’un ticket pour les JO d’Athènes. Des ennuis techniques et un problème d’anémie ont empêché la vététiste de Morlon de défendre ses chances à fond. «Les Jeux représentaient mon objectif depuis des années et, en l’espace d’un mois, mon rêve s’était envolé. A ce moment-là, j’ai tout remis en question. Je réfléchissais aux erreurs commises et je cherchais des réponses, sans résultat. D’un problème de santé, c’était devenu un problème mental.» Pour digérer son échec et prouver à elle-même et aux autres de quoi elle était encore capable, la Gruérienne a fait appel aux services d’un psychologue du sport. «Quand on se sent au fond du trou, on peut avoir besoin d’un petit coup de pouce pour être redirigé. Bénéficier de l’aide de quelqu’un qui ne connaît pas forcément ta vie, ton entourage et ton sport fait du bien.» Le déclic ne s’est pas fait attendre. «Ensemble, nous avons défini un nouvel objectif. Un mois après, j’obtenais mon meilleur résultat en championnat d’Europe (10e).»

Gerd Zenhäusern et la longue blessure. La faute à une blessure vicieuse – une instabilité de l’os pubien qui provoque des tensions sur les adducteurs et des inflammations des tendons et des muscles – Gerd Zenhäusern a manqué la quasi-totalité de la saison en cours, son retour étant prévu après les JO de Turin. «Il a fallu des semaines pour connaître la nature exacte de ma blessure, relève l’attaquant du HC Fribourg-Gottéron. C’était la période la plus difficile à vivre. A un moment, je me suis demandé si je fabulais ou si j’avais vraiment mal. Mentalement, c’était très dur, car la pression venait de partout. Les gens se demandaient pourquoi je ne jouais pas. Une fois le mal décelé, je me suis senti mieux, même si j’étais sous le choc en apprenant la durée de mon indisponibilité.»
Le Valaisan a alors fait un travail sur lui-même. «Je me suis dit que j’avais été chanceux jusqu’ici, car je n’avais jamais connu de grande blessure. J’ai aussi vécu des choses personnelles bien plus graves, qui m’ont aidé à relativiser.»

Oezkan Kirmaci et la mise à l’écart. En janvier dernier, Oezkan Kirmaci décidait de quitter Fribourg Olympic, après quatre ans et demi passés au club. Motif: le basketteur bâlois, très peu aligné par Damien Leyrolles depuis le début de l’exercice, souhaitait jouer davantage . «Après le départ de Patrick Koller, l’été dernier, j’étais encore sous contrat avec Olympic. J’ai rapidement compris que le nouvel entraîneur ne voulait pas de moi.» Et le Bâlois d’en prendre un coup au moral. «Je me suis senti mis de côté. C’était comme si je n’existais plus. Après deux saisons marquées par des blessures, j’avais envie de me refaire une place dans l’équipe, mais je n’ai jamais pu montrer de quoi j’étais capable.» L’homme s’est alors tourné vers un psychologue. «Il m’a permis d’évaluer ma situation et m’a donné des pistes pour remonter la pente.» Un transfert à Birstal Starwings finira de regonfler sa motivation.




Alain Sansonnens
7 février 2006
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