ASM clermont auvergne rugby
« La société de consommation porte mal son nom, car un con ne fait généralement pas de sommation avant de dire une connerie en société. »

La vie de supporter de l'ASM n'est qu'une suite de petites déceptions au milieu desquelles survient, de temps en temps, une grande désillusion


« Les personnages et les situations de ce forum étant purement fictifs, toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite. »


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sur les épaules de darwin

le Dim 14 Nov 2010 - 9:10
Je ne connaissais pas cette émission ,
mais alors là gros coup de coeur pour celle d'hier ,
consacré au handicape mais surtout aux stratégies mises en œuvre
par le cerveau pour contourner ces problèmes.
Je suis resté stupéfait par le lien que ça tisse entre le language , l'expression artistique
enfin un petit bijoux
http://sites.radiofrance.fr/franceinter/em/sur-les-epaules-de-darwin/

Sur les __paules de Darwin.mp3 - 49.01MB

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Re: sur les épaules de darwin

le Dim 14 Nov 2010 - 10:32
Juste avant le mammifere omnivore, tous les samedis matins
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Re: sur les épaules de darwin

le Dim 14 Nov 2010 - 10:34
yes et vis et versa Razz

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Re: sur les épaules de darwin

le Dim 14 Nov 2010 - 10:52
pas trop de pub pour Jean-Claude Ameisen, tu vas nous enerver Arvenix lol
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Re: sur les épaules de darwin

le Dim 14 Nov 2010 - 12:13
totowsky a écrit:Je ne connaissais pas cette émission ,
mais alors là gros coup de coeur pour celle d'hier ,
consacré au handicape mais surtout aux stratégies mises en œuvre
par le cerveau pour contourner ces problèmes.
Je suis resté stupéfait par le lien que ça tisse entre le language , l'expression artistique
enfin un petit bijoux

Merci pour le lien si la compréhension des stratégies cognitives t'intéressent je te conseille de lire Francisco Varela (Invitation aux sciences cognitives, Dormir, rêver, mourir : explorer la conscience avec le Dalaï-Lama,...) mais aussi A Berthoz (qui a beaucoup travaillé avec les sportifs)

http://www.youtube.com/watch?v=2898sXZmEPQ


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En consommateur averti, n'oubliez pas la sommation d'usage avant de poster sous peine de franchir le mur du çon
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Re: sur les épaules de darwin

le Dim 14 Nov 2010 - 15:01
merci
pour les pistes

sinon voila la première partie
Sur les __paules .mp3 - 49.84MB

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Re: sur les épaules de darwin

le Sam 22 Jan 2011 - 9:24
pour occuper mon ami bourrin
je propose
l'écoute de cette magnifique émission
http://sites.radiofrance.fr/franceinter/em/sur-les-epaules-de-darwin/
la redfi du 14 est géniale

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Re: sur les épaules de darwin

le Dim 23 Jan 2011 - 11:13
celle du 22 sur l'éthique dans la médecine , des liens évident avec la conception démocratique de la société...jusqu'a sa perte d'identité
celle du 15 parle de darwin de l'évolution, et de raisonnement en raisonnement , nous améne logiquement sur la façon dont on perçoit les choses "a 3 mois un nourisson distingue tous les visages , à 12 plus que les visages familier etc"
bref comme si cognitivement l'apprentissage d'un coté , obligé a désapprendre de l'autre
pour faire court notre tendance a schématisé les gens les population est un instinct primaire et l'ouverture à l'autre un effort
une recherche d'équilibre permanent entre le yin et yang

mon conseil il vaut mieux écouter , ils sont meilleurs que moi
si vous avez un probléme "technique" pour l'audition faites moi signe

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Re: sur les épaules de darwin

le Dim 23 Jan 2011 - 11:57
totowsky a écrit:
notre tendance a schématisé les gens les population est un instinct primaire et l'ouverture à l'autre un effort


Même si elle est pratiquée UNIQUEMENT au chevalard?
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Re: sur les épaules de darwin

le Dim 23 Jan 2011 - 12:06
surtout lol

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Re: sur les épaules de darwin

le Lun 18 Avr 2011 - 20:43
seul sur la ligne ?
la dernière consacré à la mémoire et à la lecture est magnifique
"nous ne lisons pas un livre , nous lisons en nous..."

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Re: sur les épaules de darwin

le Sam 14 Jan 2012 - 22:17
tain la meilleur émission de l'univers assurément cheers

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Re: sur les épaules de darwin

le Dim 15 Jan 2012 - 0:03
totowsky a écrit:tain la meilleur émission de l'univers assurément cheers

Ah je suis heureuse de te l'entendre dire flower
(enfin de te le voir écrire)

Je me rappelle de cette émission là : http://www.franceinter.fr/emission-sur-les-epaules-de-darwin-les-battements-du-temps-7-nostalgie-de-la-lumiere

Avec les poèmes d'Eluard.
Cette émission fait vraiment entrer dans une autre dimension
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Re: sur les épaules de darwin

le Dim 15 Jan 2012 - 10:51
franchement une émission de vulgarisation scientifique , qui met en paralléle les nouvelles découvertes et les prémonitions artistiques des écrivains, peintres, philosophes avec simplicité et talent.
Une bulle d’oxygène que je pod cast en rêvant de trouver un jour le temps de classer tout ça

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Re: sur les épaules de darwin

le Dim 11 Mar 2012 - 12:12
« Il y a ici un paradoxe – un délicieux paradoxe – que je ne peux résoudre : s’il y a en effet une différence fondamentale entre l’expérience vécue et la description, entre une connaissance directe du monde et une connaissance par l’intermédiaire des autres, comment se fait-il que le langage soit si puissant ?

Le langage, cette invention la plus humaine, peut permettre ce qui, en principe, ne devrait pas être possible.

Il peut nous permettre à tous, même à ceux qui sont aveugles de naissance, de voir par les yeux d’une autre personne. »

Oliver Sacks. L’œil de l’esprit.



« Inévitablement, ‘l’animal doué de langage’, comme les Grecs anciens définissaient l’homme, habite les immensités limitées par les frontières des mots et de la grammaire.

Il est possible que la pensée soit en exil.

Mais si c’est le cas, nous ne savons pas, ou, plus précisément nous ne pouvons dire, de quoi elle est exilée. »

George Steiner. Poésie de la pensée.



« Il y a des choses qui ne peuvent pas être mises en mots.

Elles se rendent manifestes par elles-mêmes.

Et ce dont nous ne pouvons pas parler, nous devons le transmettre en silence. »

Ludwig Wittgenstein. Tractatus logico-philosophicus.



« Il y a des choses qui surviennent et ne laissent pas de traces discernables, dont on ne dit rien, et à propos desquelles on n’écrit pas, mais il serait très faux de dire que les évènements ultérieurs continuent de manière indifférente, suivent le même cours, comme si rien n’avait jamais eu lieu. »

AS Byatt. Possession.
« La façon de résoudre le problème que tu rencontres dans la vie est de vivre d’une façon qui fait disparaître le problème. »

Ludwig Wittgenstein. Culture and value
Mon beau navire ô ma mémoire

Avons-nous assez navigué […]

Avons-nous assez divagué

De la belle aube au triste soir.

Apollinaire. La chanson du mal aimé.



Qui veut se souvenir doit se confier à l’oubli, à ce risque qu’est l’oubli absolu, et à ce beau hasard que devient alors le souvenir.

Maurice Blanchot. Le livre à venir.
« Tout ce qui est dit ici arriva quelque temps avant que Mowgli quitte la horde de Loups Seeonee, et se venge lui-même de Shere Khan, le tigre.

C’était durant les jours où l’ours Baloo enseignait à Mowgli la Loi de la Jungle. Le grand et vieil ours brun, si sérieux, était enchanté d’avoir un élève si doué.

Les jeunes loups n’apprennent que le Chant de la Chasse – « des pieds qui ne font pas de bruit ; des yeux qui peuvent voir dans le noir ; des oreilles qui peuvent entendre le vent qui souffle dans les tanières ; et des dents blanches acérées. » Mais Mowgli devait apprendre beaucoup plus que cela.

Parfois, Bagheera, la Panthère Noire, traversait la jungle pour voir comment son petit se débrouillait, et il ronronnait, la tête contre un arbre pendant que Mowgli récitait la leçon du jour à Baloo.

Le garçon savait grimper presqu’aussi bien qu’il savait nage, et savait nager presqu’aussi bien qu’il savait courir. Et alors Baloo, le maître de la Loi, lui enseigna les Lois de la forêt et de l’Eau : comment distinguer une branche pourrie d’une branche ferme ; comment parler poliment aux abeilles sauvages quand il se retrouvait soudain face à un essaim, à quinze mètres au dessus du sol ; ce qu’il fallait dire à Mang, la chauve souris, quand il le dérangeait dans les branchages à midi ; et comment prévenir les serpents d’eau dans les étangs avant de les déranger en plongeant parmi eux.

Aucun des habitants de la Jungle n’aime être dérangé, et tous sont tout à fait près à se précipiter sur un intrus.

Alors, Mowgli apprit le Cri de Chasse de l’Etranger, qui doit être répété à haute voix jusqu’à ce qu’on lui réponde. Il signifie, lorsqu’on le traduit, « Donne-moi la permission de chasser ici, parce que j’ai faim. »

Et la réponse est, « Alors chasse pour trouver de quoi te nourrir, mais pas pour le plaisir. »

Rudyard Kipling. La chasse de Kaa, In Le livre de la jungle.





« C’était un vieil homme qui pêchait seul dans un petit bateau dans le Gulf Stream, et cela faisait maintenant quatre-vingt quatre jours qu’il n’avait pas pris un poisson.

[…]

Le soleil s’était levé depuis deux heures.

Toute ma vie, le soleil levant m’a blessé les yeux, pensa-t-il.

Juste à ce moment, il vit une frégate, avec ses longues ailes noires, qui décrivait des cercles dans le ciel au dessus de lui.

L’oiseau plongea brusquement, porté par ses ailes ramenées en arrière, puis recommença à décrire des cercles.

« Il a attrapé quelque chose », dit le Vieil Homme à voix haute.

« Il ne fait pas que chercher… »

Il ramait lentement et régulièrement vers l’endroit au dessus duquel l’oiseau tournait, les ailes immobiles.

Soudain l’oiseau plongea, et le Vieil Homme vit des poissons volants jaillir hors de l’eau et filer désespérément au dessus de la surface.

« Des dauphins », dit le Vieil Homme à voix haute. « De grands dauphins.

Les dauphins bondissaient sous les poissons volants, et ils seraient déjà dans l’eau quand les poissons retomberaient. C’est un grand banc de dauphins, pensa-t-il. Les poissons volants ont peu de chance de s’échapper. L’oiseau n’a aucune chance de les attraper.

Mais peut-être que mon grand poisson est autour d’eux. Mon grand poisson doit être quelque part. »

Ernest Hemingway. Le Vieil Homme et la mer.



« Un petit oiseau s’approcha de la barque, venant du nord. C’était une fauvette, et il volait très bas au dessus de l’eau. Le Vieil Homme pouvait voir qu’il était très fatigué.

L’oiseau parvint à l’arrière du bateau et se posa là.

Puis il vola autour de la tête du Vieil Homme et se posa sur la ligne de pêche où il était plus à l’aise.

« Quel âge as-tu ? » demanda le Vieil Homme à l’oiseau.

« Est-ce que c’est ton premier voyage ? »

L’oiseau le regarda pendant qu’il parlait. Il était trop fatigué, l’oiseau, pour examiner la ligne et il tituba dessus lorsque ses pattes délicates s’y agrippèrent soudain.

« Elle est stable, immobile » lui dit le Vieil Homme. « Elle est trop immobile.

Tu ne devrais pas être aussi fatigué après une nuit sans vent.

Qu’est-ce qui arrive aux oiseaux ? »

Les faucons, pensa-t-il, les faucons qui vont au large à leur rencontre.

Mais il ne dit rien de cela à l’oiseau, qui ne pouvait de toute façon pas le comprendre, et qui allait en apprendre assez tôt sur les faucons.

« Repose-toi bien, petit oiseau » dit-il. « Puis pars et prends ta chance, comme tout homme, tout oiseau, tout poisson. »

Cela l’encouragea, de parler, parce que son dos s’était raidi pendant la nuit, et maintenant, cela faisait vraiment mal.

« Reste dans ma maison, si elle te plaît, oiseau » dit-il.

« Je suis désolé de ne pouvoir hisser la voile et te ramener avec cette petite brise qui est en train de se lever. Mais je suis avec un ami. »

Juste à ce moment, le poisson fit une brusque embardée, qui précipita le Vieil Homme vers l’avant et l’aurait emporté par-dessus bord s’il ne s’était pas arc-bouté et n’avait laissé filer un peu la ligne.

L’oiseau s’était envolé quand la ligne s’était brusquement tendue et le Vieil Homme ne l’avait même pas vu partir. »

Ernest Hemingway. Le Vieil Homme et la mer.

« Il y a ici un paradoxe – un délicieux paradoxe – que je ne peux résoudre : s’il y a en effet une différence fondamentale entre l’expérience vécue et la description, entre une connaissance directe du monde et une connaissance par l’intermédiaire des autres, comment se fait-il que le langage soit si puissant ?

Le langage, cette invention la plus humaine, peut permettre ce qui, en principe, ne devrait pas être possible.

Il peut nous permettre à tous, même à ceux qui sont aveugles de naissance, de voir par les yeux d’une autre personne. »

Oliver Sacks. L’œil de l’esprit.



« Inévitablement, ‘l’animal doué de langage’, comme les Grecs anciens définissaient l’homme, habite les immensités limitées par les frontières des mots et de la grammaire.

Il est possible que la pensée soit en exil.

Mais si c’est le cas, nous ne savons pas, ou, plus précisément nous ne pouvons dire, de quoi elle est exilée. »

George Steiner. Poésie de la pensée.



« Il y a des choses qui ne peuvent pas être mises en mots.

Elles se rendent manifestes par elles-mêmes.

Et ce dont nous ne pouvons pas parler, nous devons le transmettre en silence. »

Ludwig Wittgenstein. Tractatus logico-philosophicus.



« Il y a des choses qui surviennent et ne laissent pas de traces discernables, dont on ne dit rien, et à propos desquelles on n’écrit pas, mais il serait très faux de dire que les évènements ultérieurs continuent de manière indifférente, suivent le même cours, comme si rien n’avait jamais eu lieu. »

AS Byatt. Possession.
« A partir de ce presque Rien, un minuscule atome de neige, j’ai été proche de recréer l’Univers entier, qui contient tout ! »
Johannes Kepler. Strena seu de nive sexangula [Etrennes ou la neige hexagonale].



« Voir un monde dans un grain de sable,
Et un ciel dans une fleur sauvage,
Tenir l’infini dans la paume de ta main,
Et l’éternité dans une heure. »
William Blake. Auguries of innocence [Présages d’innocence].



« A l’honorable Conseiller à la cour de sa majesté impériale, le seigneur Matthäus Wacker von Wackenfels, chevalier et patron des écrivains et philosophes, mon maître et mécène,
De la part de son ami Johannes Kepler, mathématicien impérial de la cour, à Prague, auprès de Rudolf II, empereur du Saint Empire Romain, roi de Bohème et de Hongrie. […]
Je sais à quel point vous appréciez le Rien.
Et donc je peux facilement dire qu’un cadeau vous fera d’autant plus plaisir qu’il se rapprochera de Rien.
Le cadeau qui vous fera plaisir devra donc être à la fois petit et insignifiant, peu couteux et éphémère, c’est à dire presque Rien. Et comme il y a de nombreuses choses qui partagent cette caractéristique dans le royaume de la nature, il me faut faire un choix parmi elles. […]
Alors que je considérais avec anxiété ces sujets, je traversais un pont – mortifié par mon impolitesse d’apparaître devant vous sans cadeau de Nouvel An – sauf peut-être (pour continuer sur le même ton) celui que je veux toujours vous apporter, c’est à dire Rien.
Et je ne parvenais pas à penser à quelque chose qui, tout en étant proche de Rien, pourrait pourtant être aussi l’occasion d’une réflexion subtile.
A ce moment précis, par un fait heureux, une partie de la vapeur dans l’air a été assemblée en neige par la force de ce froid, et quelques flocons épars sont tombés sur mon manteau, tous hexagonaux, avec des branches duveteuses.
Par Hercule !
Ici, il y avait quelque chose de plus petit qu’une goutte, et qui pourtant avait une forme.
Ici, en effet, il y avait un cadeau de Nouvel An des plus désirables pour l’amoureux du Rien – un cadeau digne d’un mathématicien, puisqu’il descend du ciel et ressemble à une étoile. […]
Notre question est : pourquoi les flocons de neige, quand ils tombent – avant de se mêler aux autres et de former de grands tas – pourquoi les flocons de neige tombent-ils toujours sous une forme qui a six angles et six branches, duveteuses comme des plumes ?
Il doit y avoir une cause pour laquelle la neige a cette forme de petite étoile à six branches.
Cela ne peut pas être dû au hasard.
Pourquoi toujours six ?
Johannes Kepler. Strena seu de nive sexangula [Etrennes ou la neige hexagonale].



« Parti à la recherche d’un présent à travers les bourrasques de la Prague hivernale, Kepler ne trouve rien. Mais ce rien est tout : un flocon de neige lui révèle la structure de l’univers.
Sa structure hexagonale est l’une des figures élémentaires de la matière – une « figure cosmopoétique », dit Kepler – c’est-à-dire littéralement, « fabricatrice du monde ».
En cherchant à reconnaître de telles figures géométriques dans la nature, on accède au mystère du monde et de sa construction.
Ces figures, Kepler les découvre partout : dans la forme hexagonale du flocon de neige, dans les cinq figures fondamentales qui président à la cosmologie képlérienne et expliquent les distances entre les planètes, dans les alvéoles d’un nid d’abeilles.
[Le flocon de neige] objet infime mais crucial par sa fonction architectonique, éphémère mais permanent par sa structure géométrique.
Sans doute, il s’agit d’un divertissement, d’un jeu. Mais ce jeu, et ce rien dissimulent la question essentielle de la construction de l’univers. […]
Que la science ait pu être si poétique et littéraire, voilà qui peut sembler difficile à admettre. »
Frédérique Aït-Touati. Contes de la lune. Essai sur la fiction et la science moderne.



« Lire la neige c’est comme écouter de la musique.
Même quand il n’y a pas de chaleur, pas de nouvelle neige, pas de vent – même alors, la neige change. Comme si elle respirait – comme si elle se condensait et s’élevait et retombait et se désintégrait. » Peter Høeg. Smilla et l’amour de la neige.



« Ayant lu dans un ouvrage qu’entre la cristallisation dans le ciel et sa disparition après avoir touché terre et s’être délité, il se passait de huit à dix minutes pour un flocon de neige en forme d’étoile à six branches, et que, outre le vent, la température et la hauteur des nuages, le flocon était configuré par toute une série de facteurs mystérieux et incompréhensibles, [le poète] Ka eut l’intuition de la correspondance entre les flocons de neige et les êtres humains. » Orhan Pamuk. Neige.



« La neige tombait paresseusement autour de moi en grands flocons humides.
Je pouvais voir l’espace entre chaque flocon, et tous les flocons ensemble produisaient une belle danse en trois dimensions.
Auparavant, la neige me semblait tomber en rideau plat dans un plan en face de moi. J’avais l’impression de voir la chute de neige devant moi…
Mais maintenant, je me sentais à l’intérieur, parmi les flocons de neige.
Oubliant le déjeuner, je regardais la neige tomber pendant plusieurs minutes et, pendant que je regardais, j’étais submergée par une profonde sensation de beauté.
Une chute de neige peut être très belle – surtout quand vous la voyez pour la première fois. »
Oliver Sacks. The mind’s eye [L’oeil de l’esprit].



« Vous voyez ces splendides structures tomber du ciel, et nous ne pouvons toujours pas expliquer comment elles naissent. »
La diversité des formes de cristaux de neige est surprenante. Des plaquettes hexagonales, des colonnes, des aiguilles, des étoiles ramifiées à six branches, des étoiles à douze branches, et beaucoup d’autres formes encore.
Quand vous vous demandez comment se forment les flocons de neige, ce que vous êtes vraiment en train de vous demander, c’est comment des molécules passent d’un état gazeux désordonné – de la vapeur d’eau – à un état de réseau cristallin ordonnée – des cristaux de glace.
J’utilise la glace comme modèle de croissance des cristaux. »
Kenneth Libbrecht in: ‘The snowflake designer’. Nature.

« Nature et art sont les deux versants d’un même fait.

La poésie, comme la science a une racine abstraite.

Le profond mot Nombre est à la base de la pensée de l’homme ; il signifie harmonie aussi bien que mathématique.

Le nombre se révèle à l’art par le rythme, qui est le battement de cœur de l’infini.

Sans le nombre, pas de science ; sans le nombre, pas de poésie.

La strophe, l’épopée, le drame, la palpitation tumultueuse de l’homme, l’explosion de l’amour, l’irradiation de l’imagination, toute cette nuée avec ses éclairs, la passion, le mystérieux mot nombre régit tout cela, ainsi que la géométrie et l’arithmétique.

En même temps que les sections coniques et le calcul différentiel et intégral, Ajax, Hector, Hécube, les Sept Chefs devant Thèbes, Œdipe, Ugolin, Messaline, Lear et Priam, Roméo, Desdemona, Richard III, Pantagruel, le Cid, Alceste, lui appartiennent.

Il part de deux et deux font quatre – et il monte jusqu’au lieu des foudres. »

Victor Hugo. William Shakespeare.



« Le pouvoir formateur de la Terre ne se limite pas à une seule forme, mais embrasse et connaît la totalité de la géométrie… »

Johannes Kepler. Strena seu de nive sexangula [Etrennes ou La Neige hexagonale].



« Aussitôt que nous nous aventurons sur le chemin des physiciens nous apprenons à peser et à mesurer, à prendre en compte l’espace et le temps, et à trouver de plus en plus notre connaissance exprimée et nos besoins satisfaits par l’intermédiaire du concept de nombre, comme dans les rêves et les visions de Platon et de Pythagore.

La chimie moderne aurait réjoui le cœur de ces grands rêveurs de philosophie.

Mais [les chercheurs des sciences du vivant] ont été pour certains impatients et pour d’autres lents à invoquer l’aide des sciences physiques et mathématiques. »

D’Arcy Wentworth Thompson. On Growth and Form [De la croissance et de la forme].



« Je suis l’halluciné de la forêt des Nombres.

Ils me fixent avec leurs yeux de leurs problèmes ;

Ils sont, pour éternellement rester : les mêmes.

Primordiaux et définis,

Ils tiennent le monde entre leurs infinis ;

Ils expliquent le fond et l’essence des choses,

Puisqu’à travers les temps planent leurs causes.

[…]

Mes yeux ouverts ? – dites leurs prodiges !

Mes yeux fermés ? – dites leurs vertiges ! »

Emile Verhaeren. Les Nombres.
« Il peut sembler inévitable de penser que – si tout obéit aux mêmes lois fondamentales qui régissent la matière, alors les scientifiques qui travaillent sur ces lois fondamentales sont les seuls qui étudient quelque chose de vraiment fondamental.

En pratique, cela se limiterait à quelques astrophysiciens, à quelques physiciens qui travaillent sur les particules élémentaires, à quelques logiciens et mathématiciens, et à peu d’autres.

La démarche réductionniste, qui nous permet de tout réduire à des lois fondamentales, a une limite importante : elle ne nous permet pas faire le chemin inverse, elle ne nous permet pas de partir de ces lois et de reconstruire l’univers.

Le comportement d’un grand ensemble, complexe, de particules élémentaires ne peut être compris si on ne tient compte que des seules propriétés de ces particules.

A chaque niveau de complexité, des propriétés entièrement nouvelles apparaissent – et la compréhension du nouveau comportement nécessite de nouvelles recherches fondamentales. A différents niveaux de complexité, une transition a lieu – une augmentation de la quantité se traduit soudain par un changement au niveau qualitatif.

A certains seuils, un plus grand nombre des mêmes éléments – et un plus grand nombre d’interactions entre ces éléments, transforment soudain l’ensemble – le rendent différent, autre. Et de nouvelles lois, de nouveaux concepts, de nouvelles généralisations sont nécessaires – qui nécessitent autant d’inspiration et de créativité qu’il en fallait au niveau précédent pour les comprendre, pour les imaginer.

Le tout devient non seulement plus que la somme des parties… mais aussi très différent de la somme de ses parties. Des transitions de phase – des passages soudains, des basculements d’un état à un autre – vont survenir…

Ce que prétendait un article récent n’est pas exact – il n’est pas exact que nous devions chacun cultiver notre propre vallée et que nous ne devions pas essayer de construire des routes pour passer d’une montagne à l’autre. Au contraire, nous devrions reconnaître que de telles routes – qui constituent souvent les meilleurs raccourcis d’une partie à une autre de notre propre discipline– nous devrions reconnaître que de telles routes ne sont pas visibles si l’on prend le point de vue d’une seule et unique discipline scientifique.

Plus les physiciens qui travaillent sur les particules élémentaires nous en disent sur les lois fondamentales, et moins ces lois semblent pouvoir expliquer les véritables problèmes du reste des sciences, et encore moins ceux qui concernent l’homme et les sociétés humaines.

Cette approche réductionniste, pourtant essentielle, s’avère insuffisante quand on se confronte aux problèmes des changements d’échelle de grandeur et au problème de la complexité.

Le problème de l’arrogance du physicien des particules est probablement derrière nous, mais il nous reste encore à parvenir à guérir de l’arrogance de certains biologistes moléculaires, qui semblent déterminés à réduire tout ce qui concerne l’organisme humain à la seule chimie – du rhume banal à toutes les maladies mentales et à la foi religieuse.

Il y a probablement plus de niveaux d’organisation différents entre les comportements humains et l’ADN qu’il y en a entre l’ADN et l’électrodynamique quantique, et chacun de ces niveaux d’organisation requiert une façon de penser entièrement nouvelle, des concepts entièrement nouveaux. »

Philip Anderson. More is différent [Plus est différent], in Science.



« Les images que je calculais avec ma théorie mathématique ressemblaient curieusement à la réalité.

Si je pouvais imiter la nature, c’est peut-être que j’avais découvert l’un des secrets de la nature.

Les fractales promettent une nouvelle science – celle de la rugosité. Toutes les sensations que nous avons ont à tour de rôle été domptées par la science : le poids par la mécanique, le chaud et le froid par la thermodynamique, le brillant par l’optique, le son par l’acoustique…

Mais il n’y avait pas de mesure numérique de la rugosité perçue par l’œil et la main, jusque ce que j’en publie une…

La nature n’est pas lisse, elle est rugueuse… Les nuages ne sont pas des sphères, les montagnes ne sont pas des cônes…

J’ai trouvé dans les fractales l’objet fondamental de la rugosité, comme la sinusoïde est l’objet fondamental de la lumière et du son. »

Benoit Mandelbrot, in Les Dossiers de La Recherche. La révolution des mathématiques.



« Durant les trois années que j’ai passées à Cambridge, j’ai perdu mon temps, autant qu’à l’Université d’Édimbourg, autant qu’à l’école – du moins en ce qui concerne mes études académiques.

J’ai essayé d’apprendre les mathématiques, et j’ai même étudié pendant l’été 1828 avec un professeur particulier (un homme très terne), mais j’avançais très lentement.

Le travail me répugnait, tout d’abord parce que je n’arrivais pas à trouver un sens quel qu’il soit dans les premiers principes de l’algèbre. Cette impatience était stupide, et des années plus tard, j’ai profondément regretté de ne pas avoir été assez loin pour au moins comprendre un petit peu des grands principes fondamentaux des mathématiques : car les hommes qui les ont acquis semblent avoir un sens supplémentaire – un sixième sens… »

Charles Darwin. Autobiographie.

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Re: sur les épaules de darwin

le Dim 11 Mar 2012 - 12:36
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Re: sur les épaules de darwin

le Dim 11 Mar 2012 - 13:16
je garde quelques truc
c'est tout Smile

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Re: sur les épaules de darwin

le Jeu 6 Déc 2012 - 19:37
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Re: sur les épaules de darwin

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Malzieu au secours des pigeons?

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Re: sur les épaules de darwin

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Re: sur les épaules de darwin

le Jeu 6 Déc 2012 - 19:46
rien de neuf le maquereau et le requin chassent depuis trés longtemps déja le pigeon
pire dans leur grande ingéniosité ils appâtent avec d'autre poissons, la morue, la raie entre autre

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Re: sur les épaules de darwin

le Dim 27 Jan 2013 - 9:13
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Re: sur les épaules de darwin

le Dim 27 Jan 2013 - 9:25
la vision darwinienne pense que le mec au cancer, le courtier en assurance , hollande , merkel, ma boulangére etc
sont des cons comme les autres

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Re: sur les épaules de darwin

le Dim 27 Jan 2013 - 9:53
Pas ta boulangére

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Re: sur les épaules de darwin

le Dim 27 Jan 2013 - 11:05
oui sauf la boulangère

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