ASM clermont auvergne rugby
« La société de consommation porte mal son nom, car un con ne fait généralement pas de sommation avant de dire une connerie en société. »

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défaite du XV de france contre le Japon

le Ven 9 Sep 2011 - 20:49
Le
rugbyman français partage un certain nombre de points communs avec le
footballeur français pré-1998, capable de sortir le plus beau des jeux
contre la plus belle des équipes du monde avant de se faire manger par
les Allemands, ou notre
cycliste national, adepte de raids solitaires de 200 bornes, qui aime
se faire mal à en mourir pendant une étape avant de se faire
cueillir sous la flamme rouge.

En Coupe du monde tout particulièrement, les quinzistes tricolores
cultivent avec un acharnement magnifique leur exception culturelle: une
victoire flamboyante contre le favori de la compétition, au hasard les
All Blacks, avant de sombrer quelques jours plus tard contre de
besogneux mais efficaces Anglais. Le tout sous des trombes d’eau, pour
rajouter au pathétique de la situation.

Les
Morgan Parra, François Trinh-Duc et autres Louis Picamoles seront-ils
les dignes héritiers de leurs glorieux aînés, Abdelatif Benazzi, Fabien
Galthié & co? Cultiveront-ils avec la même passion ce goût pour les
exploits sans lendemains, pour les envolées romantiques conclues par une
foirade monumentale? Parions que oui.
La Nouvelle-Zélande étant située
dans l’hémisphère sud, le cycle des saisons est inversé. Joël Collado
vous le dirait mieux que nous: «Un printemps austral, c’est à coup sûr une dépression généralisée et des averses régulières.»
Pas de bol, les Français détestent la pluie. C’est ballot. Autant dire
qu’au lieu de potasser le livre du jeu de Marc Lièvremont, ils feraient
mieux de réviser le livre des excuses. Bons princes, on leur résume les
principales leçons à en retenir.
1 — «Le terrain était gras et il pleuvait des cordes»

La fameuse poignée de centimètres de Durban est entrée au panthéon du rugby français. Essai ou pas essai,
personne ne le sait. Ni Abdel Benazzi qui dira que non, puis qui dira
que oui, mais qu’il avait dit non d’abord pour ne pas plomber le moral
de l’équipe; ni Derek Bevan, l’arbitre gallois confronté à la marche de
l’Histoire sous la pression de millions de Sud-Africains; et encore
moins Pierre Berbizier, qui ne pouvait pas mieux voir que n’importe qui
d’autre, même si évidemment il pense savoir.

Au
final, ce sont toujours les Springboks qui gagnent et les Bleus qui
perdent. Le jour de cette demi-finale de 1995, des trombes d’eau
s’abattent sur la ville du Natal. La prudence aurait été de reporter le
match, mais dans un tel contexte —le retour des Boks dans le concert des
nations après la fin de l’apartheid— et avec une pression si forte pour
les deux équipes, on a joué. Et on a perdu.
Satanée pluie, satanées
flaques de boue, satané ballon glissant, et tant pis pour ce qui était
peut-être la meilleure génération du rugby français. A noter pour cette
édition 1995 décidément pleine de surprises, la jolie excuse trouvée par
les Blacks à l’issue de leur finale perdue contre les Boks: «On a été empoisonnés par une serveuse locale!» (une dénommée Susie).
C’est
bien connu, en France, on aime le jeu au large sous un soleil
printanier. Sinon, on n’est pas bons. Comme dans Astérix aux Jeux
olympiques: «Le terrain était lourd.»

Une excuse qu’on ressortira avec plaisir en 2003, quand douchés par les
Anglais, les Bleus de Laporte jusque-là superbes se sont retrouvés
comme des cons à apprendre qu’en Australie, au printemps, il pleut... Et
bien sûr, «on n’avait pas de plan B».
La
seule bonne nouvelle, c’est qu’avec un jeu de ligne aussi efficace que
celui de la Roumanie depuis deux ans, les Français auront tout intérêt à
ce qu’il pleuve en Nouvelle-Zélande. Les temps changent mais l’excuse
sera toujours bidon.
2 — «L’arbitrage était partial»

Tout
Français normalement constitué sait que l’homme en noir est son ennemi
naturel, qu’il fera toujours tout pour favoriser la consanguinité
anglo-saxonne et transformer les coqs gaulois en dindons de la farce. Le
tout grâce au fameux «deux poids, deux mesures» dans le coup de sifflet
et l’application des règlements. Le fantôme de 1995 est toujours bien
là dans le placard de Berbizier, qui crie encore à «l’escroquerie sportive». La preuve, Derek Bevan recevra après le tournoi une montre en or d’une valeur de 1.000 livres offerte par la fédé sud-af.

Il
faut dire que la France du rugby avait encore en travers de la gorge
l’élimination face à l’Angleterre en quart de finale, quatre ans plus
tôt au Parc des Princes. Un match très tendu, pour ne pas dire horrible,
notamment marqué par un attentat en règle non sanctionné contre Serge
Blanco après une chandelle. Les règlements de compte se poursuivent
pendant 80 minutes et David Bishop, arbitre néo-zélandais complètement
dépassé par les évènements, a les Français dans le nez. Au final, les
Bleus se font sortir à la maison et Dubroca, l’entraîneur, «attrape»
Bishop dans le tunnel pour lui dire sa façon de penser. On dit aussi que
l’arbitre, comme la pluie, fait partie du jeu...
3 — «On s’est fait voler par les Anglais»

Voir
les deux paragraphes précédents. 1991, 2003, sans oublier le match
ridicule de 2007. Et encore, on ne parle que de la Coupe du monde...
Dans tous les cas, c’est toujours la même stratégie: campagne de presse
haineuse, mensongère et quasi insultante contre les bouffeurs de
grenouilles, déstabilisation par petites phrases interposées, pression
sur l’arbitre, etc.
Le tout avec une pincée de condescendance assumée et
énervante, et surtout beaucoup d’engagement pour faire péter un boulon
aux Français assez bêtes pour tomber dans le piège. Globalement, ça
marche trois fois sur quatre, et la plupart du temps on rumine parce
qu’on a le sentiment d’être meilleur alors que ce n’est juste pas le
cas.
4 —«On était cuits»

On
vous le dit tout de suite. Si, sur un malentendu, la France tape
l’Angleterre en quart de finale, ce ne sera même pas la peine de
regarder la demie. Longue tradition française: le coup d’éclat suivi
d’une semaine de rodomontades cocardières et d’un coup de bambou
derrière les oreilles. Voir: 1987, exploit en Australie, raclée contre
les Blacks.
1999, match d’anthologie contre les Blacks, leçon
australienne. 2003, récital contre l’Irlande, douche anglaise. 2007,
convergence tellurique favorable contre les néo-z, pitoyable sortie
contre les Anglais (et les Argentins pour le double effet kiss-cool). En
même temps, quand on est juste moins bons que les autres, c’est dur de
faire le match de la décennie tous les week-ends. Sans oublier toute la
bière et le gras accumulés entre les deux.
5 — «Les autres sont chargés»

A
la fin des années 90, un mot jusqu’alors inconnu fait son apparition
dans la presse: créatine. Le nom d’une poudre blanche qui favorise
l’activité et le développement musculaire, et particulièrement utile
pour la gonflette et la récup’, puisqu’elle permet l’augmentation des
charges de travail. Cette créatine est bien sûr commercialisée partout
sauf en France, où on la considère comme un vulgaire produit dopant.
Donc, pour expliquer nos retards de développement sur les Australiens et
les Anglais principalement, on sort l‘argument massue de la créatine.

Quand Jean-Claude DSK-rela, alors sélectionneur, dit tout haut après la finale de 1999, «l’équipe australienne est plus forte physiquement. On s'est usés là, dans le défi physique qu'ils ont su nous imposer», il pense tout bas: «On avait en face de nous quinze golgoths nourris à la créatine, donc nous, les esthètes, on ne pouvait rien faire.» C’est un peu ce que dira aussi Imanol Harinordoquy peu avant le Mondial 2003:
«C’est vrai que quand on joue les Anglais, j’ai l’impression de rentrer dans un mur...»

Le même syndrome que les cyclistes français qui se considèrent sur le
podium du Tour de France alors qu’ils sont 12e. Manque de pot, Thomas
Voeckler ne gagne pas le Tour et le XV de France se fait bouffer sur
les impacts.
6 — «Bah, ils étaient juste meilleurs que nous»

Parfois,
le rugbyman français ne s’étouffe pas dans sa mauvaise foi et
s'accommode fort bien de sa deuxième place, se drapant toujours
instinctivement dans les habits du perdant magnifique. La fin de la
génération 1999 ressemble quand même à un vilain gâchis. En
demie-finale, les Bleus de Dourthe, Tournaire et Brouzet font subir
mille maux aux All Blacks. Fourchettes, déblayages furieux... tout y
passe. Douze ans après, les Néo-Zélandais en sont encore tout chose,
effrayés par la violence des Français.
Pourtant,
une semaine après l’exploit, les bêtes féroces semblent avoir laissé
place à de sympathiques communiants en goguette. Apathiques en finale
face aux Australiens, les joueurs de Jean-Claude DSK-rela rendent les
armes. Défaite 12-35 et deuxième titre pour une Australie certes peu
spectaculaire, mais trop solide pour un quinze tricolore plus habitué à
réagir qu’à agir.
La même explication peut être avancée à propos de la
Coupe du monde 1987. En demi-finale, les Français réussissent l’exploit
d’éliminer l’Australie, chez elle à Sydney, sur un essai inscrit à la dernière minute par Serge Blanco. La finale laisse le même goût d’inachevé qu’en 1999. Une défaite 9-29 face aux All Blacks,
nette et sans bavures. Une mansuétude toute à notre honneur, quand on
voit à quel point les Kiwis galèrent en Coupe du monde depuis ce premier
et unique titre. Presqu’une victoire.

François Mazet et Sylvain Mouillard

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Le fou, l'amoureux et le poète sont farcis d'imagination.
Mon individualisme d'anarchiste est un combat pour garder ma pensée libre : je ne veux pas recevoir ma loi d'un groupe !
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