ASM clermont auvergne rugby
« La société de consommation porte mal son nom, car un con ne fait généralement pas de sommation avant de dire une connerie en société. »

La vie de supporter de l'ASM n'est qu'une suite de petites déceptions au milieu desquelles survient, de temps en temps, une grande désillusion


« Les personnages et les situations de ce forum étant purement fictifs, toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite. »


Partagez
Voir le sujet précédentAller en basVoir le sujet suivant
avatar
sitotoetela
Admin
Admin
Nombre de messages : 25934
Réputation : 239
Date d'inscription : 18/11/2007
http://www.hakakiri.net

une autre coupe du monde

le Lun 12 Sep 2011 - 17:19
Avec 45 jours de compétition –oui 45– étalés entre le 9 septembre et le 23 octobre, la Coupe du monde de rugby bat d’un jour son propre record établi en 2003 et 2007. A titre de comparaison, la dernière Coupe du monde de football en Afrique du Sud avait été constituée de 31 journées denses. Les prochains Jeux olympiques de Londres, quant à eux, nous tiendront en haleine pendant 17 jours électriques.

Un mois et demi (pas toujours dense et pas toujours électrique), cela s’explique, bien sûr, par les temps de récupération nécessaires entre deux matches dans une discipline de contacts qui devient de surcroît de plus en plus physique (les deux équipes finalistes joueront chacune sept matches) et violente.

Cela se justifie aussi et surtout depuis 1999 par un élargissement à un plus grand nombre de nations dû à la volonté de l’IRB, la Fédération internationale de rugby, de s’ouvrir au monde et de s’étendre aux quatre coins de la planète même si l’on sait déjà, qu’aux Etats-Unis et en Russie, pays participants, l’impact de ce championnat du monde néo-zélandais sera extrêmement atténué (doux euphémisme). Cette 7e coupe du monde est nettement plus longue que la première édition organisée conjointement en Nouvelle-Zélande et en Australie en 1987 et dont la durée avait été de seulement 30 jours avec la participation de 16 pays contre 20 en 2011.

Un mois et demi, n’est-ce pas beaucoup trop? L’intérêt ne se dilue-t-il pas au fil du temps à l’image de la dernière Coupe du monde organisée en France et ponctuée d’intenses bâillements entre les matches? Car enfin, nous ne sommes pas ici dans un tournoi des VI Nations où chaque joueur rentre chez soi une fois terminés les matches, où l’on passe à autre chose entre un France-Ecosse et un Angleterre-France.
Tradition

Le rugby ne sera jamais un sport aussi universel que le football ou l’athlétisme. Et croire qu’il finira par creuser un jour un sillon profond dans des pays dénués de toute tradition est un doux rêve car le rugby n’est QUE tradition. Un vieux pays comme la France et aussi imprégné de rugby ne peut même pas prétendre avoir réussi à diffuser toute cette culture très particulière à travers toutes ses régions. Il suffit de regarder les équipes qui composent le Top 14 pour constater que l’action se déroule majoritairement au-dessous de la Loire.

Et l’entrée du rugby aux Jeux olympiques, en 2016, ne changera rien à l’affaire puisque le rugby qui y sera pratiqué, à sept, n’a strictement rien à voir avec le rugby à quinze. Les Jeux olympiques feront la promotion du rugby à sept et certainement pas du rugby à quinze appelé à rester pour l’éternité -et il n’y a rien d’insultant à cela- un sport régional à travers le globe.

Alors pourquoi s’entêter à se donner l’illusion de ce rugby partagé par toute la planète pendant cet énorme mois et demi, d’autant que les Coupes du monde successives continuent de figer la hiérarchie des mêmes nations dominantes sans que l’on aperçoive le début du commencement d’une amorce de révolution. Un seul pays nouveau apparaît parmi les participants en 2011 par rapport à 2007: la Russie.

Comble du comble, ce mondial prend son envol quand, en France, le Top 14, le championnat de France, continue de se disputer sans la majorité de ses meilleurs éléments (une centaine), à la fois tricolores et étrangers. Serait-il possible d’imaginer la Premier League anglaise, qui est au football ce que le Top 14 est au rugby, c’est-à-dire le meilleur championnat national en termes de niveau, se déroulant alors qu’aurait lieu la Coupe du monde du football avec ses meilleurs joueurs de surcroît grassement payés par elle? C’est une hérésie qui pénalise à la fois le Top 14 et traite cavalièrement les spectateurs qui s’y intéressent.
Les «valeurs»

Le rugby n’est pas cette marchandise mondialisée que l’on essaie de nous vendre avec sur l’emballage le tampon «valeurs» multiplié à l’infini pour appâter le gogo publicitaire. C’est autre chose et l’IRB aurait tort d’écorner cet héritage par le maintien d’un événement obèse pendant lequel il s’agira, la plupart du temps, de meubler le vide par des articles ou des émissions de remplissage sponsorisés par les annonceurs de ladite coupe du monde.

Que de bavardages fatigants en perspective d’ici au 8 octobre, date du coup d’envoi des quarts de finale, véritable démarrage de cette coupe du monde après le match de gala de la France contre les All Blacks le 24 septembre. Que de temps inutilement perdu qu’il vaudrait mieux resserrer avec une coupe du monde à 12 pays après l’organisation d’une vraie phase qualificative autrement plus musclée et excitante que celle qui existe actuellement.

Cette coupe du monde sur 45 jours et à 20 pays n’a pas assez de substance sur le plan sportif -cinq pays peuvent seulement imaginer gagner et encore est-on gentil d’y inclure la France par patriotisme- et est une sorte de folie sur le plan médiatique à l’heure des économies pour tous les journaux et toutes les télés du monde entier obligés d’engager des frais colossaux (sans assurance de retour sur investissement) pour couvrir un tel événement sur une période aussi longue.

L’Equipe, qui n’avait pas connu des ventes mirobolantes lors de la précédente Coupe du monde organisée pourtant en France, a ainsi délégué 15 envoyés spéciaux pour ses différents supports (presse, internet, télé) en Nouvelle-Zélande. Tous ne resteront pas jusqu’à la fin, mais il est aisé d’imaginer le coût de la facture sans compter les frais de papier liés à la surpagination du journal par la voie de cahiers spéciaux. Rentrées publicitaires exigées en temps de récession!

Le gigantisme du sport -l’inflation des épreuves est là pour le démontrer aux Jeux olympiques - est un puits sans fond qui se creuse à l’image d’une dette publique. Le rugby n’a rien à gagner à tomber dans les pièges dans lesquels a par exemple glissé le football. Moins de gras, plus de muscle pour dynamiser cette Coupe du monde! C’est après tout le régime auquel les joueurs de rugby se sont astreints pour emprunter le chemin de leur professionnalisation…

Yannick Cochennec

_________________
Le fou, l'amoureux et le poète sont farcis d'imagination.
Mon individualisme d'anarchiste est un combat pour garder ma pensée libre : je ne veux pas recevoir ma loi d'un groupe !
Voir le sujet précédentRevenir en hautVoir le sujet suivant
Permission de ce forum:
Vous pouvez répondre aux sujets dans ce forum