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Re: entraineurs de rugby

le Mar 9 Sep 2014 - 8:12
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Hugo
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Re: entraineurs de rugby

le Sam 20 Sep 2014 - 16:53
Novès n'a pas voulu de l'EDF il a eu tort. L'EDF joue comme Toulouse à moins que ça ne soit le ST qui joue comme l'EDF...Étonnant, non ?

Quelle misère de voir tous ces internationaux incapables d'assurer une passe et échapper ou dégueuler un ballon sur deux.

RCT/ST les 3/4 de l'EDF sur le terrain, le degré zéro du rugby ! Vive le plus grand championnat du monde !




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Re: entraineurs de rugby

le Dim 28 Sep 2014 - 12:16
Fabien Galthié, l’entraîneur de Montpellier, reconnaît la supériorité d’un adversaire dont il se dit même admiratif.
Ils sont aussi charismatiques l’un que l’autre, ils se ressemblent sans doute même un peu et la complicité, le respect immense se lisent dans leurs attitudes. Alors, quand Bernard Laporte louange Fabien Galthié, le ton résonne juste. « C’est sûr que je dis ça alors que son équipe vient de prendre quarante points et que l’on ne va pas me prendre au sérieux, mais Fabien a réalisé un travail considérable depuis qu’il est à Montpellier et il est, pour moi, le meilleur entraîneur de France. » En se retournant, le manager toulonnais, malicieux, glisse un « après moi, évidemment », mais force le trait : « Je pense ce que je dis. Et Fabien sait que je le pense. » Les deux hommes se connaissent par coeur, Laporte ayant longtemps entraîné Galthié en équipe de France. Ils se respectent beaucoup, depuis longtemps. Et ne s’en cachent pas. Flatté, le technicien du Languedoc n’avait pourtant pas la tête à la galéjade quand il a quitté Mayol hier, avec une nouvelle lourde défaite. « Si je suis le meilleur en France, alors il est le meilleur en Europe », a-t-il juste précisé avant de revenir sur une partie aux deux visages qui lui laisse, une fois encore, le goût de l’amer­tume.
« Comment expliquer qu’au fil des ans, la punition soit toujours la même à Mayol ?
– Je n’ai pas d’explication rationnelle. À la pause(Toulon menait 17-14), j’étais plutôt content. On a le droit d’y croire jusqu’à la 45e, 50e, je crois d’ailleurs que l’on y croit, puis il y a ce temps fort de cinq minutes que l’on ne concrétise pas. On sort finalement des cinq mètres sans rien, on prend dix points derrière et, inconsciemment, on finit par lâcher. On n’a plus, dès lors, ni les ressources mentales, ni les ressources physiques, ni les ressources collectives pour revenir. Et l’équipe abandonne alors un petit peu.
A posteriori, ne regrettez-vous pas d’avoir laissé certains de vos cadres en vacances ?
– Une saison, ça se fait à quarante, pas à quinze.
Qu’est-ce qui n’a plus fonctionné en seconde période ?
– On a été pris de vitesse, sur-consommé dans les rucks. On ne circulait pas assez vite quand eux prenaient les espaces, changeaient de rythme. Sincèrement, ils nous ont épuisés. Ils nous ont mâchés.
Vous vous êtes souvent retrouvés en difficulté en défense…
– Les stratégies ne fonctionnent pas toujours. Trois-quarts contre trois-quarts, défensivement mais aussi offensivement, nous avons été battus. Ils marquent un essai sur un premier temps de jeu, ils marquent sur des semi-attaques, il n’y avait pas grand-chose à faire.
Vous semblez admiratif devant cette équipe.
– Elle est belle. Elle joue bien au rugby, elle concentre de très grands joueurs. Par moments on arrive à les freiner, à d’autres ils trouvent des solutions.
Aimez-vous la voir jouer ?
– Je me régale. Toulon me régale et nous régale. Cette équipe est très poussée vers le jeu, elle a de bons équilibres dans ses lignes, elle est très attirée vers les extérieurs. Il n’y a rien à dire de plus.
Êtes-vous abasourdi ?
– Non, il ne faut pas. »

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Re: entraineurs de rugby

le Jeu 2 Oct 2014 - 10:58
Je ne me plains pas, je ne pleure pas mais lorsque je je vois les efforts que fournissent les 17 internationaux que j'ai fait jouer à Bayonne, et les charlots que l'on place autour des terrains... ils passent pour quoi mes internationaux ?

http://www.lerugbynistere.fr/news/guy-noves-lache-charlots-bord-terrain-contrat-tete-stade-toulousain-2909141100.php

http://www.rugbyrama.fr/rugby/top-14/2014-2015/top-14-et-guy-noves-stade-toulousain-a-refait-le-match._sto4420130/story.shtml

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René, faudrait commander des kleenex, on a épuisé notre stock.
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Re: entraineurs de rugby

le Lun 6 Oct 2014 - 19:28
Serge Simon (Provale): "Il faudra peut-être passer par un rapport de force"


Par Vincent Péré-lahaille

Dans cet article

 

 


Robins Tchale-Watchou

Dernière mise à jour il y a 34 minutes - Publié le le 06/10/2014 à 18:45
Alors qu’il vient de laisser sa place à Robins Tchale-Watchou, Serge Simon, président de Provale de 2012 à 2014, dresse un bilan de son mandat. Et l’ancien pilier regrette de ne pas avoir redonné un élan militant et politique à l’Union des Joueurs de Rugby Professionnels…
Est-ce que votre mandat à la tête de Provale a été facile ?
Serge SIMON: Il n’a pas été facile parce que je suis arrivé avec un Comité directeur qui était fixé. Ce n’était pas mon équipe. Mais il y avait un objectif précis: assurer la pérennité de la structure. Ça a été un peu plus compliqué que prévu (rire). On peut se réjouir de quelques avancées comme l’arrivée des filles dans l’Union des Joueurs. Je suis très fier d’avoir ouvert une brèche. Robins (Tchale-Watchou NDLR) creuse désormais le sillon. On se demande toujours pourquoi on n’y a pas pensé avant. Je le disais aussi, il s’est passé une révolution avec la limitation du nombre de matchs. Comment ne pas imaginer que le fait d’insister durant six ans auprès de Serge Blanco n’ait pas influencé les discours ? Il n’y a pas de solutions du calendrier français. J’y ai cru pendant des années mais chacun est campé sur ses positions. Et comme il n’y a personne pour dire 'ça suffit, la récréation est terminée'… On est petit peu contributeur de cette limitation des matchs dans une saison. Maintenant, ça va être très compliqué à mettre en œuvre dans le climat actuel.
Vous avez beaucoup œuvré sur la santé des joueurs…
S.S: On a beaucoup œuvré sur la prise de conscience du problème des commotions cérébrales. On est rentré dans une autre ère. On ne verra plus les images catastrophiques de Florian Fritz. Tout le monde est sensibilisé. L’an dernier, il s'est produit une petite vingtaine de commotions cérébrales. On n’est pas dans une situation quasi parfaite mais on est sur la bonne voie.



Serge Simon, président de Provale - Photo : Pressport/PROVALE - Other Agency
" Robins aura une puissance d'écho bien plus forte que la mienne"
Vous n’avez aucun regret ?
S.S: C’est un point négatif à mettre sur mon bilan: je regrette vraiment de ne pas avoir redonné un élan militant et politique au syndicat. Mon modèle est le sport professionnel américain, en tout cas de ce point de vue-là avec la capacité des mecs à peser sur les décisions. Et ce n’est pas une question d’idéologie politique. Les mecs savent très bien que c’est dans leur intérêt et qu’il faut le défendre. Je pars avec l’idée que cette vision ne s’est pas assez implantée. Je n’ai pas su l’insuffler et c’est dommage. Mais je pense que Robins, qui partage la vie des joueurs, aura une puissance d’écho bien plus forte que la mienne.
Avez-vous été déçu par ce monde du rugby qui se montre souvent figé ?
S.S: Oui, on est frustré surtout quand on est du mauvais côté du manche et que l’on n’a pas le pouvoir politique. On a qu’un représentant sur les 18 voix du comité directeur de la LNR et aucune voix à la FFR. Ce n’est pas de l’aigreur. Mais ça dépend des joueurs. Je me tourne vers eux ! Si vous voulez être entendus, vous serez entendus. Encore une fois, quand les Américains doivent faire six mois de lock out, ils font six mois de lock out. Ils ont compris que le rapport de force doit passer par là. Il n’y a pas d’autres solutions. Quand ils le voudront, ils le feront. J’y crois ! Je ne vois pas pourquoi les Français on serait plus con (sic) que les autres.
" Dans le New Deal, il y a tout sauf les joueurs"
Quels sont les grands enjeux du rugby de demain ?
S.S: Il va falloir ouvrir un grand chantier autour d’un rugby au développement durable. Il faut préserver la ressource. Aujourd’hui, elle semble infinie parce que notre championnat est le plus attractif du monde. On pète des mecs, on fait venir des Georgiens, des Fidjiens, des Tongiens… Sur le principe, c’est inique ! On ne parle pas de marchandise ! Il faut arrêter. Et on peut imaginer que le Top 14 ne sera pas toujours le plus attractif du monde. Dans les dix, quinze ans, que veut-t-on pour nos joueurs au niveau santé, mental, capacité de réinsertion… Je suis interpellé par les Iliens qui dégringolent de divisions et plongent dans une détresse terrible. On se fout d’eux. A terme, il y aura un déchet humain terrible. Je l’ai dit à Paul Goze: dans le New Deal, il y a tout, sauf les joueurs. La concertation avec les instances a ses limites. Il faudra peut-être passer par un rapport de force.

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Re: entraineurs de rugby

le Mar 7 Oct 2014 - 19:45
Ibañez : «Je milite pour un jeu à risques calculés»
Par David Reyrat, 07-10-2014



Après une carrière prestigieuse de joueur, le talonneur aux 98 sélections a pris en main l'UBB en juillet 2012. - Panoramic
Bordeaux-Bègles ne cesse d’épater, à l’image de sa brillante démonstration face à Clermont (51-21) samedi dernier. En poste depuis un peu plus de deux ans, le manager de l’UBB se veut pourtant prudent. «Le chantier est de taille», insiste l’ancien capitaine du XV de France.
Sport24. Vu son début de saison, Bordeaux ne peut plus se cacher ?
Raphaël Ibañez. Non, non. On est encore loin du compte pour affirmer quoi que ce soit. Je suis le premier à ne rien revendiquer. Si ce n’est l’idée que nous cherchons encore des solutions, des formes de jeu pour que, d’abord, les joueurs prennent du plaisir et, ensuite, que le public suive. Ce sont les premiers objectifs. Mais si, aujourd’hui, je déclare qu’on est un prétendant aux premières places, c’est prêter le flanc à nos adversaires qui vont, eux aussi, nous adresser des éloges pour après mieux nous fracasser. Gare au retour de bâton. Je reste très lucide et très prudent.
Mais quand on met 51 points à Clermont, ça fait forcément du bruit…
C’est un concours de circonstances. Clermont jouait sans la plupart de ses internationaux. Et puis il faut deux équipes pour faire un bon match et Clermont a pris des initiatives tout au long de la rencontre. Cela a donné lieu à ce score-fleuve mais il n’y a pas autant d’écart entre les deux équipes... Je vois quand même une progression sur ce match. Sur nos lancements de jeu, pour la première fois de la saison, on a fait preuve de plus d’application. Je milite pour un jeu à risques calculés. Et, depuis le début de la saison, c’était assez inégal. Mais là, durant 80 minutes, les joueurs ont été constants. Je ne vais pas nier que c’était du beau rugby, la récompense de tous les efforts des joueurs. Mais ça s’arrête là.

Etre le manager d’une équipe dont le président souhaite qu’elle joue pour séduire le public, c’est plaisant ou c’est une pression supplémentaire ?
Le président a tout à fait raison de souhaiter un rugby positif. Je me retrousse les manches pour, avec les joueurs et l’encadrement technique, essayer de répondre à ses attentes, de les mettre en application. Mais je pense qu’il faut avoir l’ambition d’un rugby équilibré. Ce qui signifie être capable de produire toutes les formes de jeu, avec un équilibre entre la puissance et la vitesse. Je ne cherche pas à expliquer le rugby mais à en donner ma vision aux joueurs de l’UBB.
Après un baptême du feu douloureux, la remise en question a été profonde
Vous épanouissez-vous dans cette fonction ?
Je suis dedans, pleinement investi. C’est prenant et passionnant tant il y a d’éléments qui alimentent ma réflexion. Mais, malgré mon parcours de joueur et les principes de jeu que j’avais en tête, je n’ai sans doute pas tout à fait pris, lors de mes premiers mois, la mesure de l’énergie que ça demandait. Après ce baptême du feu douloureux, la remise en question a été profonde. Aujourd’hui, ça me sert pour avancer. Un manager a le devoir d’être généreux avec ses joueurs.
Sur quoi avez-vous dû rectifier le tir ?
Connaître les hommes avec qui tu fonctionnes c’est essentiel. Ça ne s’improvise pas. Manager c’est faire des choix, donner un cap en connaissant les hommes avec lesquels tu pars à l’aventure. La complicité avec les joueurs et le staff technique n’interdit pas l’exigence. C’est la première leçon que j’ai retenu.
Êtes-vous satisfait d’avoir réussi à relancer Lionel Beauxis ?
Il faut encore attendre un peu pour l’affirmer. Mais, aujourd’hui, je n’ai pas à me plaindre de son implication au sein de l’équipe. Il est concentré, consciencieux. Et souriant. Il est positif. Il faut qu’il continue comme ça.
Il faut attendre un peu avant de se réjouir. C’est un travail de fond
Est-ce une déception de n’avoir plus de joueurs sélectionnés en équipe de France ?
On a des internationaux nous aussi. Des anciens ou des étrangers (sourire). Ce n’est pas une déception mais c’est une volonté, toujours dans l’optique de la progression du club, d’avoir des sélectionnés en équipe de France. Ça démontrerait la légitimité du club dans le Top 14. Mais ça vient. Il y a eu Félix le Bourhis en juin. Là Sofiane Guitoune (en provenance de Perpignan, ndlr) a participé au stage à Marcoussis la semaine dernière. Si un joueur est appelé, je serai le premier heureux, prêt à le libérer sans aucune condition. Je veux le meilleur pour mes joueurs, leur donner l’opportunité de vivre de grands moments.

On évoque également un effet Chaban-Delmas sur les joueurs. Le confirmez-vous ?
Evidemment que ça les transcende. Les joueurs en prennent à chaque fois plein les yeux, font le plein d’émotions. Cela participe à la construction du club. Car, derrière, il y a le combat du président Laurent Marti pour installer le club dans l’élite mais aussi auprès des politiques locaux. Il y a tellement de défis à relever, comme renforcer la structure d’entraînement. Moi, j’essaye de l’y aider sur le terrain.
Mais ça bouge. La saison prochaine, l’UBB devrait disposer d’un centre d’entraînement neuf à Bègles et disputera tous ses matchs à Chaban-Delmas…
Encore faut-il avoir des garanties sur le nombre de places (Alain Juppé souhaite diminuer la capacité du stade à 20 000 places contre 30 000 actuellement, ndlr). Encore faut-il accélérer sur cette structure d’entraînement qui est, pour l’instant, simplement en projet. Le sportif doit encore progresser mais le reste aussi. Le chantier est de taille. Il faut attendre un peu avant de se réjouir. C’est un travail de fond.
Existe-t-il une rivalité avec le club de football ?
Non, il n’y a pas d’influence négative entre les deux clubs. Moi-même, je vais régulièrement voir des matchs des Girondins. Je sais qu’il y a des échanges entre les joueurs, et tant mieux. Ça doit participer à la dynamique collective. Même si, en tant que manager, je veux évidemment le meilleur pour l’UBB. Cela signifie que je me bats pour, qu’au niveau de la ville et de l’agglomération, tout le monde prenne conscience, les politiques en tête, de la formidable opportunité que représente une équipe de rugby à Bordeaux.
Le costume de l’UBB est encore un peu trop grand pour le moment
Parmi les combats, il y a également la chasse aux partenaires. Ne trouvez-vous pas étrange que l’UBB ait tant de mal à trouver un sponsor maillot national ?
C’est la logique du sport professionnel. Il ne faut pas perdre de vue que le club est jeune, il n’existe que depuis 2006 (date de la fusion du CA Bègles avec le Stade bordelais, ndlr). Le costume de l’UBB est peut-être encore un peu trop grand pour le moment. Mais le club grandit. Et je reconnais, à travers ce genre de match où l’équipe fait preuve de caractère, la conséquence d’avoir un président qui est un battant.

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Re: entraineurs de rugby

le Mer 8 Oct 2014 - 18:01
Franck Corrihons: "On ne fait pas jouer nos meilleurs jeunes"


Par Sébastien Liebaut
Dans cet article

 

 


Franck Corrihons

Dernière mise à jour Il y a 2 heures - Publié le le 08/10/2014 à 14:19
Franck Corrihons, entraîneur durant neuf saisons au FC Grenoble, était avant tout un joueur vif et technique, que ce soit au Biarritz Olympique (1991-1993), durant ses nombreuses années du côté de l'Isère (1993-2002) ou en équipe de France à VII dont il fut le capitaine. "Coco", comme on aime le surnommer, se livre sans retenue sur ses activités actuelles mais aussi sur la formation française.
Quelles sont les activités de Franck Corrihons?

Franck Corrihons: Elles sont multiples. J'ai repris mon emploi à mi-temps dans la fonction publique. Ensuite, j'ai une fonction à mi-temps au FC Grenoble en tant que Conseiller technique où je suis Responsable de la formation des U15 jusqu'au U18 (moins de 15 ans, moins de 16 ans et moins de 18 ans). Je travaille avec les éducateurs et sur le plan de formation du joueur également. Ajouter à cela la détection et le recrutement. Enfin, Consultant rugby pour le Groupe Canal Plus.

Pas trop déçu de ne plus être au bord du terrain quand on voit le très bon début de saison du FCG?

F.C: Non car je l'avais anticipé et d'autant plus que c'est moi qui l'ai décidé. Je le vis forcément bien même si la vie qu'il y a autour des matchs me manque un petit peu. Mais je retrouve mon bonheur auprès des jeunes du club et le fait d'être proche du terrain avec eux me permet de compenser le manque parfois de ne pas entrainer. Le fait d'aller les voir jouer le week-end me fait un bien fou aussi. C'est d'autant plus agréable, intéressant car il n'y a pas la pression du résultat et que nous sommes sur la formation du joueur par rapport à l'attente du haut niveau. Je prends mon pied avec ces jeunes car le résultat est plus que secondaire et on est vraiment sur le développement et le perfectionnement du joueur par ces aptitudes et ces attitudes, techniques, tactiques, physiques, sur les contenus des entrainements. Choses que l'on n'a pas tout le temps de faire en Top14.



Franck CORRIHONS - 08.08.2013 - Oyonnax Grenaoble - Match amical 20132014 - Icon Sport
Parlons du rugby à VII pour lequel vous avez été joueur et capitaine de l'Equipe de France. Quel est votre regard sur le rugby à VII en France?

F.C: J'ai commencé avec l'équipe de France à VII en 1996 pour finir en 2002. J'ai participé à une trentaine de tournois dont cinq ou six Honk Kong Sevens (la référence des tournois de rugby à 7 dans le monde, ndlr) et fais deux Coupes du Monde. J'ai un peu bricolé dans cette discipline mais à une époque où elle était beaucoup moins professionnelle qu'aujourd'hui et avec beaucoup moins d'attente également. Concernant le rugby à VII en France, il est en train de se développer avec une structure professionnelle à Marcoussis, je trouve que c'est une très bonne chose. Le fait d'avoir des garçons toute l'année et de pouvoir planifier sur une saison par rapport aux tournois, c'est également très intéressant. D'avoir cette équipe réserve (France Développement, ndlr) qui fait les tournois européens donc qui commence à toucher le haut niveau, c'est encore quelque chose d'intéressant et d'enrichissant.
" On prend des joueurs par défaut et non par choix"

Malheureusement, cette discipline a du mal à trouver son envol dans notre pays. On n'implique pas assez les jeunes joueurs. C'est à dire qu'il manque des compétitions à VII dès les moins de 14 ans jusqu'au moins de 16 où on pourrait draguer des garçons et détecter les forts potentiels. Or aujourd'hui, on commence à parler du VII en France pour les moins de 18 ans et j'ai envie de dire que c'est trop tard car ils n'ont presque tous jouer qu'au rugby à XV et pour certains d'entre eux, le VII ne leur parle pas! Il faudrait impliquer le VII dès les moins de quatorze ans dans les collèges via l'UNSS par exemple. Le mettre en place aussi dans les pôles espoirs. Pourquoi pas aussi mettre en place une compétition fédérale dès le plus jeune âge pour les sensibiliser à ce jeu là qui est fabuleux? Le rugby à VII est très complémentaire du rugby à XV que nous connaissons tous.

La France fait partie des grandes nations du rugby mondial. En quoi sommes nous en retard par rapport à d'autres nations majeures concernant le rugby à VII?

F.C: Quand on voit les Néo-zélandais, les Australiens et Sud-africains qui représentent les nations majeures du rugby et de ce jeu, aujourd'hui, ils ont des joueurs sous contrat, qui jouent aussi à XV mais qui ont entre 18 et 22 ans. Si on prends les All-Blacks par exemple, hormis Forbes (le capitaine), ils jouent en ITM CUP, le championnat à XV le plus relevé après le Super Rugby. Chez nous, malheureusement, les garçons qui sont sous contrat à VII jouent dans des clubs de Fédérale ou se sont retrouvés sans club. Notre politique est bien différente des Sudistes où ils prennent des jeunes joueurs pour le VII avant de les envoyer au XV. Il me semble que l'on prend des joueurs par défaut et non par choix.

N'auriez-vous pas envie de vous diriger vers un poste d'entraineur à VII?

F.C: On ne m'en a pas fait la demande. Personne n'est venu me solliciter par rapport à cela. Je ne me suis même pas posé la question d'autant plus que je suis bien pris par mes diverses missions qui sont très intéressantes et me conviennent totalement. Si un jour on vient me solliciter, j'y réfléchirai mais pour l'instant, ce n'est pas à l'ordre du jour.
" Un système aberrant"

Pour conclure, parlons de la formation française...

F.C: Maintenant, je suis passé de l'autre côté de la barrière et il y a un point qui m'énerve fortement! On parle de la formation française et on ne fait pas jouer nos meilleures jeunes joueurs en Top 14 ou en Pro D2. Mais aujourd'hui, je me pose la question par rapport aux joueurs qui sont des moins de 15 ans jusqu'au moins de 18 ans où il y a un gros souci! En effet, sur le développement du joueur à ce jour, on a un problème majeur des licences jaunes et des tutorats. Dans les effectifs des moins de 16 jusqu'au moins de 18 ans, on ne peut faire jouer qu'un nombre limité de joueurs recrutés! Il faut savoir que quand on recrute un joueur, il est systématiquement "licence jaune". Et quand on veut faire jouer des licences jaunes sur un match, c'est à dire une équipe de vingt deux joueurs, tu ne peux en faire jouer que quatre! C'est à dire qu'aujourd'hui, les meilleurs jeunes de la région que tu cibles et que tu recrutes, tu ne peux pas tous les faire joueur. Si tu as sept ou huit recrues, tu ne peux en faire jouer que quatre maximum. Ce sont les mêmes conditions pour les tutorats. C'est-à-dire que tu vas récupérer des garçons dont tu ne sais pas s'ils ont le potentiel pour tout le temps jouer avec toi donc tu les mets en tutorat pour qu'ils puissent rejoindre leur club le week-end pour jouer.

L'intérêt est de ne pas payer les autres clubs et ils t'obligent à jouer avec un nombre restreint de jeunes sur les feuilles de match. Il faut quand même savoir que ces jeunes joueurs à potentiel ne font qu'un match sur trois ou quatre...Et le pire, c'est que le joueur recruté est licence jaune pendant deux ans! L'année dernière, c'était sept licences jaunes ce qui me semblait correct. Cette année, on est descendu à quatre et on ne sait pas pourquoi ni comment. Le côté vicieux, pervers est qu'au lieu de recruter des garçons à 15/16 ans, tu les recruteras à 13/14 ans maximum. Ainsi, après deux ans de licence jaunes, ils pourront enfin jouer à 16 ans. Comment voulez vous que les garçons à 18 ans soient prêts pour évoluer dans les centres de formation ou à haut niveau? Je trouve cela complètement aberrant. Nous avons de très bons jeunes et Il faut qu'on fasse jouer les meilleurs gamins.

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Re: entraineurs de rugby

le Ven 13 Fév 2015 - 18:58

Rugbyrama se prend au jeu avec le XV
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Jean-Pierre Elissalde: "Il faut redéfinir toute la politique du rugby français"


Par Sébastien Liebaut
Dernière mise à jour il y a 1 heure - Publié le 13/02/2015 à 11:48
Jean-Pierre Elissalde ne s'est pas montré tendre envers les dirigeants du rugby français et a notamment pointé du doigt la politique de formation des joueurs.
On vous voit chez "Les Spécialistes" sur Canal+ mais pas derrière un micro. Y aurait-il une envie de votre part ?
Jean-Pierre ELISSALDE: Oui... j'aime bien. Il faut repérer les espaces à jouer, les faiblesses à venir des uns et des autres, argumenter des décisions arbitrales... On est plus dans l'adaptabilité que dans le commentaire. Il faut anticiper les choses, les vivre, les analyser. C'est quelque chose de très intéressant. En plus, il y a le contact avec les acteurs avant et après le match. C'est un exercice qui me plairait.
A travers vos propos, on vous sent parfois déçu sur la fin de votre histoire avec Bayonne. Entrainer à nouveau un club professionnel est une idée qui vous trotte dans la tête ou êtes-vous passé à autre chose ?
J-P.E: Sincèrement, il ne faut jamais dire non ! On a trop vu de gens, entraineurs comme joueurs dirent non et puis qui sont revenus par la suite. Mais ce n'est pas une chose à laquelle je pense quand je me rase tous les matins, loin de là. Et puis je sais que le temps passe et mon temps avec. Après, le regret que l'on peut avoir quand on arrive à un certain âge comme le mien, c'est cette triste fin. Cela laisse un goût amer. Me concernant, je l'ai vécue comme une fin dégueulasse. Toujours inexpliquée et inexplicable pour moi. Cependant, je relativise quand je fais le bilan car j'ai passé trente ans de ma vie à entrainer à un bon niveau et je souhaite la même longévité à tous mes collègues entraineurs. La fin est triste et décevante mais le parcours reste intéressant... le Japon, Béziers, La Rochelle, Bayonne. Mais ce qui me désole le plus, comme tous les vieux dont je fais partie, c'est de ne pas pouvoir transmettre. Et notamment à travers les centres de formation. Je pense que, politiquement comme dans les contenus, j'aurais eu des choses à transmettre. Je m'occupe et transmets encore à des gosses amateurs mais dans le monde professionnel, ça m'aurait aussi plu.
" Ce qui me désole le plus, comme tous les vieux dont je fais partie, c'est de ne pas pouvoir transmettre. Et notamment à travers les centres de formation"
Vous avez connu plusieurs générations de rugby, de l'amateurisme total au professionnalisme dans son excès. Pensez-vous que la médiatisation du sportif et ces sommes importantes d'argent qui circulent ternissent les mentalités et dégradent les valeurs humaines ?
J-P.E: Déjà, nos valeurs étaient déjà discutables et n'étaient pas si parfaites que cela. La violence était une plaie dans notre sport et à ce jour, elle a disparu de notre rugby d'élite et c'est une très bonne chose. Je rappelle aussi qu'il existait des enveloppes, des embrouilles, des fausses licences... c'était moins public que maintenant où la moindre petite chose est exposée. On critique aussi l'arbitrage mais je vous assure qu'il est bien meilleur aujourd'hui qu'à notre époque. Avant, les gens avaient tendance à fermer les yeux sur certaines sanctions et je ne parle pas que des arbitres mais aussi de nos dirigeants. Nous avions aussi nos vices cachés. De nos jours, il est vrai que certaines choses disparaissent comme cette affiliation à "ton" club par exemple. Il existe une mutation, une transhumance même chez les hommes. Et on le voit avec tous les Néo-Zélandais et autres joueurs de l'hémisphère sud qui vont arriver dans notre championnat après la Coupe du monde.



Jean Pierre ELISSALDE - 10.12.2011 - Bayonne - Icon Sport
Où voulez-vous en venir ?
J-P.E: Pour moi, la problématique de notre sport, c'est que les clubs forment des joueurs mais pas pour eux ! Je m'explique en prenant en exemple mes amis rochelais qui récupèrent des joueurs de Clermont formés à Clermont. Clermont les forme et n'en profitera même pas et c'est le cas pour quasiment tous les clubs. Il faut revaloriser la formation mais pour soi-même. Et cela ne peut passer que par une politique qui oblige les clubs à jouer avec un certain nombre de joueurs formés dans la structure. Il faut que cette obligation vienne de nos dirigeants qu'ils soient à la Fédé ou à la Ligue. Je ne dis pas qu'il faut la faire maintenant mais la mettre en place petit à petit d'ici la prochaine échéance mondiale par exemple (2019) et qui servira pour les années suivantes. Trois joueurs dans un premier temps puis cinq, sept sans tomber non plus dans l'excès. Cela amènera davantage de qualités, d'intérêts, de responsabilités et de voir un joueur avec un espoir de se voir faire partie de ces cinq, sept mecs formés au club. Ce dernier s'investira encore plus mais en ce moment, l'avenir est flou pour tous ces jeunes. Ils sont formés dans les clubs mais pour qui ? Pour quoi ? On ne sait pas !
Si on suit votre raisonnement, cela signifie qu'il faudrait fermer la vanne sur un exode massif de joueurs étrangers qui affluent dans le Top 14 ?
J-P.E: Je ne sais pas...
" Il faut imposer à tous les clubs du rugby français entre cinq et dix joueurs formés au club, je dis bien formés au club c'est à dire en y étant depuis les Minimes voir Cadets"
Mais il n'y aura pas de place pour tout le monde à moins d'avoir des effectifs à plus de cinquante joueurs ce qui semble difficilement concevable.
J-P.E: Mais il faut de la place pour les nôtres ! Il faut remettre la formation au centre du rugby français. Il faut trouver des moyens en interdisant ou en limitant excessivement l'arrivée des joueurs étrangers par exemple. Il faut imposer nos jeunes à ce qu'ils soient sur la feuille de match ou sur le terrain, point. Cela relancera tout une dynamique d'intérêts pour tous et pour chacun. J'en suis intiment persuadé. Je vous donne un petit exemple: La Rochelle a joué contre Clermont. Il y avait plus de joueurs de Clermont qui jouaient à La Rochelle que de Rochelais qui jouaient à La Rochelle. Et inversement, il y avait plus de Rochelais qui jouaient à Clermont (Julien Pierre et Vincent Debaty) que de Rochelais sur le terrain. Et on va même pousser le ridicule plus loin en disant qu'il y avait plus de Belges sur le terrain (Julien Berger côté rochelais et Vincent Debaty côté clermontois) que de Rochelais formés au Stade rochelais. On voit bien que tous ces mouvements de joueurs font perdre beaucoup d'intérêts au club. Le Président a besoin d'argent et pas d'un centre de formation et il le sait. Je me répète mais il n'y a qu'une seule solution politique: il faut imposer à tous les clubs du rugby français entre cinq et dix joueurs formés au club, je dis bien formés au club c'est à dire en y étant depuis les Minimes voire Cadets. Je ne dis pas qu'il faut interdire les joueurs étrangers mais il faut limiter en imposant cette nouvelle politique de formation dont je parle. Ce sera dans l'intérêt des clubs car il y aura une sorte de filiation du joueur pour son club mais aussi au niveau de la Fédération et évidemment de l'équipe de France.
On peut être amené à se poser la question de l'intérêt des centres de formation quand on voit le peu de jeunes émerger en équipe première ?
J-P.E: C'est exactement ce que je dis ! C'est pour cela qu'il faut redonner un intérêt à notre sport et à nos jeunes. Il ne faut pas critiquer, fermer mais dire aux clubs qu'ils auront besoin des cinq, sept, huit meilleurs joueurs formés dans leurs murs. Comment veut-on qu'un gosse puisse espérer en voyant tout ce qui se passe autour de lui et notamment l'arrivée importante de tous ces joueurs de l'hémisphère sud ? Quelle est sa place ? Il ne faut pas interdire mais réguler dans chaque club et ainsi redonner de l'intérêt pour ce dernier, pour son centre de formation et pour ces gamins qui sauront pourquoi ils s'investissent car une place les attendra. Il faut se servir de notre belle devise "liberté, égalité, fraternité" avec la liberté de donner un avenir à nos jeunes, l'égalité en étant au même niveau que les autres et de la fraternité car il en faut et encore plus dans notre sport.



Jean-Pierre Elissalde avec Bayonne - décembre 2011 - Icon Sport
" Ce qui me désole, ce sont ces faux frères ennemis (FFR et LNR) qui se côtoient dans l'hypocrisie où ce n'est pas sain et où ça ne sent pas très bon"
On vous connait pour votre franc parler... Alors pouvez-vous nous dire ce qui vous agace dans le rugby français ?
J-P.E: Ce qui m'agace, c'est que nos élus soient aussi pleutres. Que nos élus soient aussi timides et peu fraternels. Mais comment peut-on ne pas comprendre que le Top 14 a besoin de l'équipe de France et que l'équipe de France a besoin du Top 14 ? Ce qui me désole, ce sont ces faux frères ennemis (Fédération et Ligue NDLR) qui se côtoient dans l'hypocrisie où ce n'est pas sain et où ça ne sent pas très bon. Aujourd'hui, notre équipe de France ne va pas très bien mais rien n'y changera tant que les structures, les fondements seront ainsi. L'équipe de France appartient à toute la France, à tout le rugby français et elle est la résultante du rugby français. Et ce n'est ni Saint-André, ni Lièvremont ou autres qui changeront les choses. Il faut redéfinir toute la politique du rugby français. Qui peut me dire ce que sera le rugby français en 2020 ? On y arrive, c'est dans cinq ans ! On tourne en rond, on instaure la règle des JIFF qui est détournée, on ne nous dit rien. Qu'ils arrivent au moins à prendre des décisions de façon collégiale mais comme on sent aucune fraternité... Pour finir là dessus, j'en veux à nos politiques du rugby qui n'ont aucun projet commun et qui nous font croire que demain, tout ira mieux.
Transition toute trouvée pour aborder notre équipe nationale et sa compétitivité sur ce Tournoi des 6 Nations...
J-P.E: Je dis que l'on doit croire, espérer voire rêver. C'est toujours ce que j'ai pensé quand j'étais entraineur. Après, l'analyse sur le jeu de l'équipe de France, sur le projet de jeu, sur qui doit jouer et ne pas jouer, tout cela me semble dérisoire. On revient un peu à nos échanges en amont en disant que notre équipe subit les difficultés du Top 14 avec ce jeu sclérosé pratiqué par notre élite car il faut à tout prix gagner, il ne faut pas descendre, il faut se qualifier dans les six etc etc etc... Ce manque de liberté laissé aux joueurs dans notre championnat, et bien on le retrouve aussi avec les Bleus.

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Re: entraineurs de rugby

le Sam 14 Fév 2015 - 15:23
Papy est bien plus crédible dans ce rôle que dans celui du bashing arbitral qu'il se sent obligé de surjouer pour tenir la ligne éditoriale de son employeur.

Le rugby français au fond du gouffre fallait pas être un grand devin pour le prédire. Suffisait d'ouvrir les yeux.

Pas de places pour les jeunes, peu ou pas de temps de jeu, pas de droit à l'erreur, peu de liberté laissée à l'initiative, un jeu sclérosé et minimaliste, pas de renouvellement générationnel, on y est, au fond du trou et pour longtemps ! Les exploits de la meilleure franchise anglo saxonne ou de tel ou tel autre club français, ponctuellement, en coupe d'Europe,  n'y changeront rien...

Pendant que certains continuent à se défouler sur PSA d'autres, de plus en plus nombreux, commencent à réaliser que notre rugby a un vrai problème structurel. Refuser de le voir c'est continuer à ne pas pouvoir agir sur les causes et à s'acharner sur les symptômes.

Parmi les symptômes criant : aucun joueur français ne peut prétendre figurer (par ces prestations, pas par son potentiel...) dans les 5 ou 6 meilleurs joueurs mondiaux à son poste. Cherchez l'erreur !

Pour une fois reportage digne d'intérêt hier aux spécialiste. Le championnat des provinces fait éclore de jeunes talent, à tous les postes, à la pelle, qui intègrent sans problème le super 15 chaque saison. Un vivier extraordinaire dont chaque joueur maitrise les fondamentaux du rugby, stabilisés en jouant, pas sur un banc ou en tribune !

Les anglais ont suivi le même chemin en incitant les clubs à faire jouer les jeunes issus de la formation. Résultat des moins de 20 ans se sont vus offrir du temps de jeu chaque week-end et sont aujourd'hui massivement dans le squad anglais. Qui encore peut aujourd'hui argumenter que le rugby anglais n'a pas aujourd'hui des années d'avance sur le rugby français?

Eux ont identifié la maladie et ont mis en place un traitement adapté avec les résultats qu'on connait. Pendant ce temps là le rugby français se masturbait au son d'Anal+ et de son meilleur championnat du monde, ses stars, ses gladiateurs, ses chocs, ses arbitres amateurs et ses spécialistes si professionnels, ses résultats européens en trompe couillons...

En France on fait venir Flood déplaçant Mac A en 12 et Fickou sur le banc ou dans les tribunes. On recrute un ancien international envoyant ainsi Galan et Camara en tribune ou sur le banc. Idem pour Bruni et bien d'autres, quel gâchis...!

Quand le sage montre la lune, l'imbécile regarde le doigt !

Vivement que Guytou montre ses 3 doigts à tous ces joueurs de très très haut niveau !

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Re: entraineurs de rugby

le Sam 14 Fév 2015 - 16:27
N'empêche que, par exemple, titulariser Kockott, c'est ouvrir le parapluie, et indiquer aux jeunes que même en acquérant le niveau d'un Parra, il n'y aura aucun droit à l'erreur.

Et là,

Laporte avait initié le pourrissage de ses joueurs en EDF comme mode de management autoprotectionnel, du coup le dernier qui a dû prendre un jour une initiative en EDF, ce devait être Dominici ou l'un de ses contemporains.

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Re: entraineurs de rugby

le Sam 14 Fév 2015 - 17:30
lol si Bastareaud (et Fritz) c'est le très très haut niveau international. Joseph (et Morisi) c'est quoi ?

Des joueurs de rugby dont on a pas l'équivalent en France peut être...

L'Italie et ses jeunes qui plantent 3 essais à Twickenham, la France qui n'arrive pas à en mettre un chez elle face à L'Angleterre. Me tarde de voir France/Italie

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Re: entraineurs de rugby

le Sam 14 Fév 2015 - 18:03
Si même Thomas se met à aller péter tout droit...


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Re: entraineurs de rugby

le Sam 14 Fév 2015 - 20:23
Hugo a écrit:lol si Bastareaud (et Fritz) c'est le très très haut niveau international. Joseph (et Morisi) c'est quoi ?

Des extraterrestres à côté de notre char Renault 14-18 du centre du terrain...
Mais bon si on se prive de notre seul lancement de jeu...
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Re: entraineurs de rugby

le Sam 14 Fév 2015 - 20:45
Titi a écrit:N'empêche que, par exemple, titulariser Kockott, c'est ouvrir le parapluie, et indiquer aux jeunes que même en acquérant le niveau d'un Parra, il n'y aura aucun droit à l'erreur.

Et là,

Laporte avait initié le pourrissage de ses joueurs en EDF comme mode de management autoprotectionnel, du coup le dernier qui a dû prendre un jour une initiative en EDF, ce devait être Dominici ou l'un de ses contemporains.

Moi je veux bien de Kockott à la place de Parra à Clermont!
Et même le Rado du Munster titulaire en EDF...


Dernière édition par velveteethol le Sam 14 Fév 2015 - 20:52, édité 1 fois
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Re: entraineurs de rugby

le Sam 14 Fév 2015 - 20:50
Enfin on peut dire tout ce qu'on veut sur nos joueurs qui n'ont pas le niveau individuel qu'ils n'ont pas le niveau international... Mais n'importe quel entraineur du Tournoi ferait mieux que Saint-André/Lagisquet/Bru avec les joueurs qu'il a...

Collectivement tu as l'impression de voir une mauvaise équipe de fédérale... La seule chose qu'ils savent faire qu'ils travaillent, c'est la passe à hauteur à 2 m (et encore) et les mauls (et encore ils les font mal)...
Comment tu veux gagner un match international avec çà? Surtout quand tu as soit disant les plus mauvais internationaux du monde...
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Re: entraineurs de rugby

le Sam 14 Fév 2015 - 20:56
C'est surtout que tu ne cherches pas à jouer sur tes points forts. Le but est juste d'empêcher l'adversaire de jouer.

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Re: entraineurs de rugby

le Sam 14 Fév 2015 - 20:59
velveteethol a écrit:
Titi a écrit:N'empêche que, par exemple, titulariser Kockott, c'est ouvrir le parapluie, et indiquer aux jeunes que même en acquérant le niveau d'un Parra, il n'y aura aucun droit à l'erreur.

Et là,

Laporte avait initié le pourrissage de ses joueurs en EDF comme mode de management autoprotectionnel, du coup le dernier qui a dû prendre un jour une initiative en EDF, ce devait être Dominici ou l'un de ses contemporains.

Moi je veux bien de Kockott à la place de Parra à Clermont!
Et même le Rado du Munster titulaire en EDF...

Rado n'est pas le meilleur centre du Monde, ni d'Europe, ni de France, ni de Clermont.


Mais si des Rado jouaient en EDF au lieu des selectionnables étrangers, sur le moyen terme on ne serait pas plus cons que les anglais.

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Re: entraineurs de rugby

le Sam 14 Fév 2015 - 21:11
velveteethol a écrit:Enfin on peut dire tout ce qu'on veut sur nos joueurs qui n'ont pas le niveau individuel qu'ils n'ont pas le niveau international... Mais n'importe quel entraineur du Tournoi ferait mieux que Saint-André/Lagisquet/Bru avec les joueurs qu'il a...

Même Novés ?

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Re: entraineurs de rugby

le Lun 16 Fév 2015 - 18:17
Jean-Pierre Elissalde
48 min ·
On n'est pas là pour faire de l'école de rugby" P Lagisquet . Ben oui , apprendre a faire des passes , ou botter dans un ballon , voire plaquer cela s'apprend a l'école de rugby pas en EDF ... T'as raison Patrice . Comme apprendre à lire , à écrire et compter cela s'apprend en primaire , pas au lycée !!! Et pourtant ... Mais , rassure toi , chez nous , école de rugby et chez eux , école primaire , nous allons leurs apprendre la Marseillaise , cela leurs sera très utile et solutionnera tout dans la vie de tous les jours et s'ils sont sélectionnés , n'est ce pas ? Je rigole , quoique !!! Plus sérieusement , je vis et suis toujours au bord du terrain à suivre des cadets et autres . Cadets qui soit dit en passant , ont deux ans de moins qu'à mon époque et qui donc ont passé , deux ans de moins à l'école de rugby ... Sans plus s'entraîner , 2 fois par semaine ,pour la plupart que nous il y a 50ans !!! Autre remarque , nous nous jouions a 8 contre 8 sur une moitié de terrain et de ce fait nous étions toujours près du ballon , tenant ou soutien proche , bref dans la "cellule" comme ils disent ... Toujours acteur donc , maintenant à quinze contre quinze , ils décrochent et sont aussi spectateurs qu'acteurs ... Heureusement , ils , nos jeunes , ont les Skills avec boudins et boucliers pour travailler l'intelligence situationnelle si chère à Pierrot . Comme si vivre avec une poupée gonflable préparait à la vie de couple !!!! Et c'est pas fini , comme ils disent dans la pub , là ou , toujours à mon époque , l'autre millénaire , les remises en jeu , touche , mêlée , renvoi étaient tellement simplistes que très peu travaillées , eux , nos jeunes d'aujourd'hui passent des heures a travailler , les mêmes touches , mêlées et renvois , indispensables et primordiaux à XV , tout cela bien sur au détriment de quoi ? La technique individuelle et du 1c1, 2c1+1etc etc . Après on s'étonne : 4 fois plus de"choses" a travailler , 4 fois moins de temps avec ou autour du ballon et deux années de moins ... Je pourrai aussi parler des compétitions précoces , mais bon ... Tout ça pour vous dire , que nos coachs seniors , ne s'étonnent pas de recevoir des joueurs seniors plutôt frustes mais sans aucun doute avec un "potentiel physique" important ... Dernière remarque , je remercie , la ou les personnes qui programme des matchs de cadets en pleine période de vacances d'hiver cela permet aux équipes de jouer à XII , fautes de combattants !!! C'est qu'il a urgence à terminer le championnat ... Remarque , "ils" ne peuvent pas le voir , ce spectacle , puisqu'ils étaient , peut être à Dublin , voir l'EDF faire faire 12 passes en une mi-temps ... J'ai pas compter les en avants , désolé ... Heureusement Mc Caw , Smith, Carter et consorts nous rejoignent en novembre et eux les passes , ils connaissent ... Moins que DSK quand même !!! Re désolé ...

j'opine grave

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Re: entraineurs de rugby

le Mer 25 Fév 2015 - 18:21
Daniel Herrero, ancien entraîneur du RC Toulon devenu consultant (*), explique pourquoi cette équipe de France ne l’enthousiasme pas.
Quel est le principal reproche que vous faites à ce quinze de France ?
– La normalisation. Les joueurs jouent selon des choses apprises, répétées. Ça génère la prudence, et la prudence mène à l’ennui. Ça, c’est le sommet du désarroi et de la désaffection : “C’est quoi ça ? C’est quoi cette pauvreté ?” En Irlande, c’était piteux. À la 30e minute, je me suis dit : je peux éteindre le poste et commenter jusqu’à la 80e.
La normalisation, est-ce vraiment spécifique à cette équipe ?
– À mon sens, elle est un archétype d’une équipe normalisée, prévisible, mentalisée pour respecter l’ordre. Mais on est dans un processus qui date presque des années Fouroux (1981-1990). Avant, il n’y avait pas d’entraîneur, les joueurs arrivaient en équipe de France avec leur talent brut, sans avoir le temps de travailler ensemble. Donc, ce n’était pas le travail qui faisait le jeu, mais le talent. Avec l’arrivée des entraîneurs spécialisés, on est devenus ordonnés dans le travail de l’offensive. Mais l’attaque ne se travaille pas beaucoup, et seulement dans la quête absolue du désordre. L’attaque, quand elle est travaillée, elle génère des pré-attaquants, des gens uniquement formés pour désorganiser une défense structurée, pour être dans le sacrifice, pas dans la joie.
Mais les All Blacks travaillent aussi, et ça ne les empêche pas d’être dans la vraie attaque.
– Incontestablement. Mais le secteur offensif a deux aspects : le jeu dans l’ordre (après touche, mêlée) et le jeu dans le désordre. Dans le désordre, toutes les équipes – même les plus normalisées – ont l’idée de mettre du volume. Excepté la France. Aujourd’hui, les relances, l’ultime secteur où il existe beaucoup d’espace, sont délaissées. Selon moi, le travail a paupérisé notre jeu offensif. Il a amené à l’obsession de la rigueur alors que, culturellement, on avait un goût au désordre un peu supérieur au goût de l’ordre.
Expliquez-nous.
– Il manque l’irrévérence par rapport à l’ordre. La pétulance. On l’a un peu dans les fins de match, quand on est en poursuite au score. On se dit qu’il faut impérativement se lâcher, on sort des choses qui nous ont enfermés et ça pétille. Pétulance et irrévérence, ç’avait un mot : le French flair. Moi je dirais le panache. Pourquoi la France se désespère ? Parce qu’elle pleure son panache. L’ordonné nous a dramatiquement amené à penser que seule la victoire est belle. Faux ! Cette équipe a peu de victoires, mais aucune n’est belle, aucune ne reste, aucune ne donne de joie. Parce que seule la victoire avec panache est belle.
Vous pensez qu’on a tourné le dos à notre héritage ?
Ah oui ! L’éducation est passée par la rigueur. La rigueur, c’est un moteur de la performance, mais c’est aussi un cimetière. Parce qu’elle amène à la prudence et à l’ennui. Mais le plus gros danger, c’est que l’ennui touche aussi l’intérieur de l’équipe. Un groupe triste, ou terne, c’est un danger.
Vous sentez ça dans ce quinze de France ?
Oui. À travers son jeu. Et à travers le mimétisme de son leadership, c’est-à-dire de Thierry Dusautoir et des trois entraîneurs. C’est à la fois un mimétisme obsessionnel de l’ordre et de l’humble. Rien n’est panache là-dedans.
Finalement, les défaites vous importent peu.
Bien sûr. Et c’est la même chose pour le rugby de France. On a toujours été beaucoup plus sensibles à l’allure générale, à la capacité créatrice. Même si ce n’était que ponctuel, on savait qu’on avait ça en réserve. Même sous Fouroux, il y avait Sella, Lagisquet et Blanco, un potentiel de talents rares et on voyait quelques illuminations. L’équipe nationale est en voie de distanciation avec l’âme populaire sur la valeur morale de son jeu plus que sur son niveau de performance. Le public attend plus d’émotion que de victoires. L’émotion de l’offensive.
Le paradoxe est que le discours de ce staff n’est pas tourné vers un jeu restrictif.
Ce staff prône des possibles : on attaquera bientôt. Et en fait on n’attaque jamais. Ou si peu. On retient une percée de Michalak il y a trois ans contre l’Australie et celle de Fofana contre l’Angleterre. La vérité est : ce n’est pas parce que des coaches disent, que les joueurs font. Un joueur, il fait parce qu’il le ressent, que ça lui va bien, qu’il aime. Si on lui dit : attaque mais ne tombe pas la balle, c’est mort. Entre ce que ce staff dit et ce qu’il montre, il y a une antinomie. Ces entraîneurs ne sont jamais joyeux, ils ne sont pas dans le discours enthousiasmant. Or quand un entraîneur ennuie, il est rare que l’équipe chante. Ce staff est dans la croyance absolue du scientifique. Ça, ça transpire. Et ça crée un mimétisme. Maintenant, ce qu’il faut trouver, ce n’est pas un entraîneur pour les sorties de camp ou pour les buteurs, c’est un entraîneur de sortie de crise morale.
Vous seriez en face des joueurs, que leur diriez-vous ?
Je leur dirais : “ Ce peu d’appétit mis dans autre chose que l’application ou la volonté me désespère. ” Je leur dirais : “ Si c’est moi qui vous amène à jouer comme des robots industrialisés, honte à moi, honte à vous de me suivre. ” Les mots qui viennent avec cette équipe, c’est la mine et le labeur. On n’a pas envie de lui ressembler.
Alors, vous leur diriez : trompez-vous, mais tentez ?
Je leur dirais : “ Chaque fois qu’on récupère le ballon dans une situation de jeu où l’adversaire n’est pas placé, il faut qu’on joue. Il faut qu’on joue ! Et chaque fois que, dans nos systèmes, l’un d’entre vous a réussi à avancer même de 50 centimètres, mais avec du rythme, du tonus, de la déflagration, il doit y avoir urgence, hurlement, fusion collective. ”
Le décalage entre le discours du staff et le jeu est-il aussi dû, selon vous, aux choix des joueurs ?
Absolument. Il y a du talent en France : Parra, Lopez, Michalak, Trinh-Duc, Huget, Médard, Fofana en ont. Quelques-uns n’en ont pas beaucoup. Et ceux-là, les robustes, sont dominants dans les stratégies de cette équipe. Mais on aurait mis dans cette équipe de France des gonzes impertinents, ils se normaliseraient dans le système. Regardez la décadence créatrice de Fofana, de Médard : elle est hallucinante ! Parce que si tu demandes à tes joueurs de calculer tous les risques, ils n’en prennent plus. Point final. Qui peut faire péter les carcans ? Le premier à pouvoir le faire, c’est celui qui en définit les contours.
Si l’équipe de France gagnait la Coupe du monde sans panache, vous l’aimeriez ?
Après la demi-finale de la Coupe du monde 2011, j’avais écrit dans le Journal du dimanche :“ Nous ne devons pas y aller. ” Quand tu ne produis que des comportements qui sont à l’opposé du jeu, il y a une indécence morale à jouer la finale. Donc, pour revenir à la question : non, je ne crois pas qu’on l’aimerait plus. Quand l’équipe de France a battu les Fidjiens, les Australiens, les joueurs ont dit : ces victoires nous amènent de la confiance. Faux ! Seule la victoire avec panache compte, est respectable et nourricière.
La place pour le panache n’existe peut-être plus ?
Il faut voir. Mais la France est quoi, 5e ou 6e nation, là ? Et elle fait peine au monde ! Il n’y a plus de prise de risques depuis dix-douze ans, et depuis dix-douze ans elle voit le monde la déborder, le rugby évoluer ailleurs et le sien s’enfermer. À tel point que le potentiel de mouvement est nettement plus élevé chez les Springboks et les Anglais que chez les Français.
Source: L’équipe – Alex Bardot

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Re: entraineurs de rugby

le Sam 28 Fév 2015 - 21:10

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Re: entraineurs de rugby

le Sam 28 Fév 2015 - 21:23
Des manuels, ça va le changer.

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Re: entraineurs de rugby

le Sam 21 Mar 2015 - 9:16
Samedi, ce sera vraiment un Crunch?
Non. Les choses ont changé. Les joueurs français et anglais s’affrontent régulièrement en Coupe d’Europe. Ils se connaissent bien. Personne n’a peur de l’autre. Il n’y a pas de ressentiment, non plus. Le rugby est devenu professionnel. On peut le regretter, mais c’est comme ça. Et puis les styles de jeu ont changé. Avant, Les Français apportaient de la créativité et nous de la puissance. Maintenant, c’est l’inverse… Le XV de France joue à la façon du Top 14. Ce qui compte, c’est la puissance, le gabarit. Alors qu’étonnamment, c’est nous, les Anglais, qui développons le plus de jeu avec nos trois-quarts. Je ne pensais pas voir ça un jour... Et je trouve ça dommage. Je n’aime pas le jeu de ce XV de France-là, qui utilise trop le pied, qui vient taper sans discernement sur la ligne d’avantage et qui n’a pas beaucoup d’inventivité.»


Rugby
Angleterre  «Je n'aime pas ce XV de France»
Le 20/03/2015 à 20:00:00 | Mis à jour le 20/03/2015 à 20:30:13 | 87 Commentaires
Brian Moore, l'ancien talonneur turbulent du XV de la Rose (64 sélections entre 1987 et 1995), avocat et journaliste, se pose des questions sur le jeu de l'équipe de France au moment d'évoquer le Crunch de samedi (18h), à Twickenham.

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Re: entraineurs de rugby

le Sam 21 Mar 2015 - 10:26
Quel incompétent ce Brian.

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Re: entraineurs de rugby

le Mer 20 Avr 2016 - 21:10
On peut vouloir dire il y a trop de matches, trop d'étrangers dans ce championnat pour expliquer la situation du rugby français. Moi, je ne suis pas étonné de voir ce qui se passe aujourd'hui. Les causes sont simples. En 2006, On a divisé par deux le temps de formation des éducateurs, en sachant qu'on n'était déjà pas champions du monde. Au lieu de tout mettre en œuvre pour le fidéliser, le pousser à s'investir, on a fait le contraire.

Aujourd'hui, la formation d’entraîneurs est une formation technique. On t'apprend la touche, la mêlée. Par contre, on n'apprend pas à manager une équipe de moins de 10 ans, d'ados... Du coup, tu reproduis ce que tu as appris. C'est très directif. La valorisation n'existe pas, on tape que sur ce qui ne va pas, on rend les gens moutonneux. En plus de ça, on apprend beaucoup à tricher, à comment ne pas perdre. Dans les mots, la prise d'initiatives s'est transformée en prise de risques. Quand tu mets tout à bout à bout, on a des joueurs qui sont totalement inhibés. Ils attendent de perdre ou de gagner de beaucoup de points pour jouer au rugby, se lâcher.

« Réapprendre à mettre "le bordel" sur un terrain »

Et cela commence dès le plus jeune âge. Aujourd'hui, l'école du rugby inhibe plus qu'elle ne désinhibe. On le voit sur les tournois. La compétition est au centre. Au lieu d'être un moyen dans l'évaluation du joueur, la compétition est aujourd'hui une fin en soi. Le but de certains éducateurs, et parents, c'est de gagner. Après, on a des gosses qui ne sont orientés que sur le résultat. Tu gagnes, tout va bien ; tu perds, tout va mal. Tu peux gagner et ne même pas te rendre compte que tu joues de plus en plus mal.

Il faut apprendre ou réapprendre à mettre « le bordel » sur un terrain. Pour cela, il faut qu'on redéfinisse une politique de formation en remettant le jeu au centre de tout. Et apprendre à nos jeunes d'être joueurs, de prendre l'initiative. Il faut qu'ils jouent dans un climat d'apprentissage basé sur la joie où l’entraîneur n'est que là pour rassurer, pour positiver. Sinon tu fabriques les joueurs et des entraîneurs que nous avons aujourd'hui au plus haut niveau. Des mecs qui ne pensent qu'à, gagner, qui vont obtenir la faute pour avoir une pénalité. Je le vois tous les dimanches au bord des terrains. Comment peut-on se mettre dans des états pareils ? Actuellement, le moment où les jeunes jouent le plus c'est derrière les en-buts le dimanche. Ils jouent entre eux, sans entraîneur ni parent, et tout se passe bien. Ils découvrent des situations.

Et pendant les séances, il faut faire participer les enfants. Aujourd'hui, le temps de parole global de la totalité des enfants durant un entraînement est de une minute ! A contrario, on a mesuré des entraîneurs qui parlent entre 50 et 60 minutes. On n'est pas sur un processus de réflexion. On ne demande pas à l'enfant : « Tiens, tu viens de marquer, comment as-tu fais ? Peux-tu nous l'expliquer ? » On est très loin des méthodes « Vermersche » qui favorisent la compréhension, la mémorisation et donc l'apprentissage.

« Le futur docteur va pousser avec le plâtrier »

Au delà de ça, le rugby est devenu l'un des sports les plus pauvres en terme de sollicitation. Aujourd'hui, un enfant, en temps effectif par semaine, est sollicité 10 à 12 minutes ! Si je te mets devant un piano 12 minutes par semaine, je ne vais pas faire de toi un virtuose ! Quand on sait que pour faire du haut niveau dans une pratique sportive, il faut en gros 10.000 heures d’entraînement sur 10 ans... Chez nous, il faudrait 700 ans ! Voilà, c'est tout. Vu ce qu'on propose on ne peut pas obtenir de miracle. Pendant ce temps-là, de l'autre côté de la planète, les jeunes jouent au rugby presque tous les jours dans le milieu scolaire. Après, on peut s'émerveiller des dons, de la génétique de nos amis All Blacks. Mais ils font tout simplement dix fois plus de rugby que nous.

Et aujourd'hui, Guy Novès est confronté à la conséquence de tout ça. C'est à la Fédération de mettre en place des contrats d'objectifs. Il faut aider les clubs à construire des projets par rapport à leurs territoires. Il faut mettre le paquet sur la formation, la valoriser. Et surtout, il faut repénétrer le milieu scolaire et changer les mentalités !

Quel sport peut accueillir toutes les strates sociales ? La plupart des disciplines sont devenues sélectives. Si tu es grand tu ne peux pas jouer au foot, si tu es gros tu ne peux pas jouer au basket... Le rugby est totalement universel dans son accueil. Le futur docteur va pousser avec le plâtrier. Profitons-en. »



(*) : Sébastien Bertrank est ancien joueur de l'ASM, de Brive et d'Ussel. Il a été cadre technique d’État auprès de la FFR, coordinateur sportif de l'ASM, ancien entraîneur de l’équipe de France Juniors et Féminine et directeur sportif du club de Carcassonne. Aujourd'hui, il est directeur du club Belambra de Super-Besse, entraîneur de l'équipe de Montaigut-Besse et formateur au Diplôme d’Etat Rugby au CREPS de Montpellier.

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Re: entraineurs de rugby

le Mer 20 Avr 2016 - 21:17
S'il avait pu penser à empêcher son frère de glisser au Parc


Approche très intelligente. Et pas que situationnelle.

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Re: entraineurs de rugby

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