ASM clermont auvergne rugby
« La société de consommation porte mal son nom, car un con ne fait généralement pas de sommation avant de dire une connerie en société. »

La vie de supporter de l'ASM n'est qu'une suite de petites déceptions au milieu desquelles survient, de temps en temps, une grande désillusion


« Les personnages et les situations de ce forum étant purement fictifs, toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite. »


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Titi
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Re: entraineurs de rugby

le Mer 20 Avr 2016 - 21:17
S'il avait pu penser à empêcher son frère de glisser au Parc


Approche très intelligente. Et pas que situationnelle.
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Titi
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Re: entraineurs de rugby

le Jeu 21 Avr 2016 - 21:12

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Re: entraineurs de rugby

le Jeu 21 Avr 2016 - 21:40
dans la lune vern

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Re: entraineurs de rugby

le Sam 28 Mai 2016 - 22:53
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le rugby a été créé par des enseignants-éducateurs anglais à des fins pédagogiques pour émanciper les jeunes hommes, et femmes désormais, et pour les rendre meilleurs. Au final, le but était d’avoir une société plus juste et solidaire. Le professionnalisme a tué ce beau projet en faisant entrer le loup capitaliste sur la pelouse.

Ce sport éducatif était au départ destiné à tous. Son universalisme accueillait tous les gabarits et tous les types d’hommes existant dans la société. Dans une équipe, on trouvait des maigres et des gros, des petits et des grands, des lourds et des rapides. Spécificité française grâce à la main mise du parti radical (de gauche) et de la franc maçonnerie, le rugby mélangeait aussi les riches et les pauvres, en sommes toutes les classes sociales. 
En politique, comme en rugby, les gens qui se disent réformistes veulent surtout moins de règles protectrices, plus de libéralisme et moins de liberté. Grosso modo, ils veulent revenir à la loi du plus fort : les plus puissants, les plus costauds, les plus grands et les plus riches écrasent les plus légers, les plus faibles, les plus petits et les plus pauvres. L’utilisation du mot réforme devient donc une hérésie intellectuelle une filouterie langagière. Le rugby, qui a vu sans cesse ses règles évoluer pour le meilleur souvent, pour le pire parfois, a perdu en vingt ans de professionnalisme quelques unes de ses valeurs essentielles. Son universalisme (alors que paradoxalement le rugby s’internationalise), son amateurisme et une grande part de son mystère (les caméras sont partout). 
Les soit disant réformistes ont donc amené l’argent, le fric, le pognon, les grandes entreprises et les grands groupes, les millionnaires et les milliardaires, le capitalisme à la tête du rugby des grandes nations. Or le rugby, c’est un peu comme la sécurité sociale, il ne devrait pas avoir de but lucratif, il ne devrait pas faire de bénéfice, il devrait juste être au service du bien commun. Il fut inventé par les hommes pour les hommes, comme la sécurité sociale fut créée pour protéger les hommes en cas de maladie au début du XXe siècle. Le concept de « trou de la sécurité sociale », tout comme celui de club « endetté » n’est donc qu’une idée politique visant à détruire les plus pauvres (pas de sécu aux Etats unis, seuls les plus riches sont soignés) et les clubs les plus modestes. Le rugby n’a pas être rentable financièrement, il doit l’être sociétalement. 
En 1999, la FFR et la LNR, ont créé la DNACG, Direction nationale d’aide et de contrôle de gestion, composée de trois entités : le Conseil supérieur, la Commission de contrôle des championnats fédéraux et celle des championnats professionnels. Cette instance n’est rien d’autre que le bras judiciaire et répressif des classes dirigeantes du rugby et des grands clubs. Leur but : transformer le rugby des clubs, le rugby des villes et des villages en Super rugby européen, puis mondial, avec des franchises hors sol (le Racing n’a plus de ville, Montpellier est déjà une franchise héraulto-sud africaine, à quand le déménagement du RCT à Marseille ?), qui comme dans le film Roller ball s’affronteront lors de spectacles pyrotechniques lucratifs internationaux.
Ce rugby moderne a déjà licencié de notre Ovalie nationale des clubs de premier plan :Bagnères de Bigorre, Lourdes, La Voulte, Bégles, Tyrosse, Hagetmau, Nîmes, Oloron, Le Boucau, Tulle, Graulhet, Romans... Ces clubs ont soit disparu, soit jouent au mieux en fédérale 1. 
Pire, la DNACG punit chaque année des clubs, comme l’Union européenne l’a fait avec la Grèce, en les rétrogradant sur la foi de pseudo règles financières : Bougoin Jallieu, Biarritz, Narbonne, Tarbes, Bergerac, Libourne, Chalon, Lille et peut être Rodez. Dans peu de temps, pour monter en top 14, il suffira d’attendre le verdict de la DNACG. En gros, la montée sera acquise grâce au portefeuille d’actions des présidents de clubs. 
Prenons deux exemples pour illustrer l’absurdité de la situation.
Exemple 1 : Le RCT semblerait un « modèle » d’entreprise économique qui n’aurait plus besoin de mécènes. Si on met de coté la possibilité que ce modèle économique « joue » un tant soit peu avec les règles de la DNACG, le capitalisme n’a de toute façon comme règle que celle du profit. Disons donc que nous mettons un gros point positif pour le versant économique du RCT. Mais qu’en est il de l’essentiel ? Combien de jeunes issus de la formation varoise jouent pour l’équipe ? A part la première ligne (Chiocci, Frésia, Orioli) aucun régulièrement. La plupart sont partis dans d’autres clubs (pro d2 ou fédérale) ou cirent le banc des remplaçants, comme l’excellent Bruni. Combien de champion de France Crabos 2016 joueront pour l’équipe première ? Ce système ne sert pas les joueurs toulonnais, il ne sert que ses dirigeants.
Exemple 2 : Bourgoin Jallieu, finaliste du championnat de France en 1997, va redescendre en fédérale 1 cette année. La DNACG l’a décidé. Son modèle économique ne serait pas bon. Mais dans les calculs des experts comptables y a-t-il une ligne pour les services rendus par ce club à la France du rugby ? Savent-ils seulement que ce club a formé ou lancé les CécillonPapé, Nicolas, Bonnaire, Parra, Chabal, Glas ou Nallet ? Et je ne  cite que les plus connus ! Un club à ce point formateur, comme beaucoup d’autres en France, ne mérite-t-il pas plus de considération ? N’est-il pas plus utile qu’un club de mercenaires, qui pourrait bien disparaitre d’une saison à l’autre sans laisser aucune trace dans l’histoire de sa ville.
Le rugby français selon l’expression à la mode « marche sur la tête », il ne laisse qu’une portion congrue à sa jeunesse, il traite ses joueurs et ses entraineurs comme des objets, dont la valeur oscille en fonction de leurs performances. Il n’éduque plus, il use les hommes, puis les jette (Clerc ou Poitrenaud plus assez rentables à Toulouse, Trinh duc pas assez sud af à Montpellier…).
Mais, il n’est pas trop tard ! Les élection fédérales approchent. Un nouveau système, un nouveau rugby qui mettrait les joueurs et leur formation au coeur du débat peut naître. Si on loupe le coche, il faudra attendre que la bulle financière rugbystique (alimentée par les télévisions, particulièrement Canal plus) éclate d’elle même. Sans argent, les mécènes fuiront le rugby ; les supporters, les joueurs et les clubs reprendront enfin leur bien commun : le rugby. Rugby debout !

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Re: entraineurs de rugby

le Dim 29 Mai 2016 - 6:03
Le pilier de droite prend le dessus sur le pilier de gauche

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Re: entraineurs de rugby

le Mar 14 Juin 2016 - 22:42
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Marc Lièvremont : "le haut niveau ce n'est pas ça, c'est ce qu'on a vu pendant la Coupe du monde"

Thibault Perrin
Publié le 14 juin 2016 à 17:30 - Mis à jour le 14 juin 2016 à 20:25
562

Marc Lièvremont se désole du spectacle vu lors des barrages du Top 14.

Montpellier
28 - 9
Castres Olympique


Racing-Métro 92
21 - 16
Stade Toulousain

L'ancien sélectionneur du XV de France Marc Lièvremont, désormais consultant pour Canal +, se désole du spectacle vu lors des barrages du Top 14.
Le Top 14, meilleur championnat du monde (c) ? Lors de certaines journées de la phase régulière, c'est parfois le cas. En revanche, au moment des phases finales on bascule généralement dans le championnat le plus ennuyeux de la planète ovale. Ce n'est pas une nouveauté. Cela fait déjà plusieurs saisons que les matchs couperets font la part belle aux buteurs. On l'a d'ailleurs vu une fois de plus lors du barrage entre le Racing et Toulouse avec les 21 points au pied des Franciliens. L'Équipe indique à ce titre que sur les trois dernières saisons, le nombre d'essais passe de 3,8 en phase régulière à seulement 1,8 lors des phases finales.

D'excellents joueurs qui produisent peu

Mais certains, comme l'ancien sélectionneur du XV de France Marc Lièvremont, désormais consultant pour Canal +, estiment que le spectacle vu lors de la dernière Coupe du monde - avec une moyenne de 5 essais par match à partir des quarts - trouverait écho en France. C'est raté. "On reste le mauvais élève du rugby international." Aux premières loges, le technicien tricolore s'en désole via un entretien accordé à L'Équipe ce mardi :
Le match de dimanche (barrage entre Montpellier et Castres, ndlr) a illustré le contraste de notre rugby. On espère beaucoup, on vend beaucoup, il y a une mosaïque de joueurs exceptionnels sur le terrain, le Top 14 est notre vitrine, un show, un feuilleton, avec des rebondissements. Tout ça pour aboutir à un contenu avec de l’agressivité, de la violence, très peu de spectacle. Et moi, je suis quand même payé pour faire vivre, et sur un ton le plus enjoué possible, un show qui n’est pas très excitant.

Du combat voire de la violence

Pour lui, les coupables se trouvent autant du côté des clubs que de l'arbitrage. Si les formations françaises proposent à ce moment-là un "rugby calculateur, minimaliste, petit bras", c'est notamment parce que les staffs préfèrent passer en force plutôt que d'oser l'évitement. Les joueurs du Top 14 ont l'impression que le haut-niveau c'est ça mais "c'est ce qu'on a vu pendant la Coupe du monde, putain ! C'est cet exemple qu'il faut suivre. Le rugby, c'est du combat dans le mouvement, et du mouvement dans le combat", lance l'ancien patron des Bleus. Ce week-end, il a plus l'impression d'avoir vu l'un que l'autre avec parfois même de la violence, notamment dans les rucks. "Tellement de joueurs vont dans les rucks pour faire mal."

Des arbitres pas assez sévères ?

Il estime d'ailleurs que les arbitres, qu'il considère très bons, ont un rôle prépondérant à jouer à ce niveau. Mais il y a selon lui "un problème de management". Lors du dernier Mondial, les consignes vis-à-vis de l'antijeu étaient très claires, " et on a vu le résultat. Là en Top 14 [...], je ne vois pas chez les arbitres les effets d'une directive qui va dans le sens de l'équipe qui produit." Il aimerait des consignes plus sévères. Mais selon le patron des arbitres français, Didier Mené, "les arbitres pèsent leurs coups de sifflet compte tenu des enjeux. Sur les comportements comme lors du barrage Montpellier-Castres dimanche, c'est différent. Soit on fait appel à la responsabilité des acteurs, soit on sort deux jaunes à chaque fois." D'aucuns diront que si c'est pour avoir seulement 13 joueurs sur le pré pour avoir du spectacle, autant aller voir directement du rugby à XIII voire du Seven.

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Re: entraineurs de rugby

le Ven 24 Fév 2017 - 13:25
Guillaume Boussès: «Le joueur de rugby est devenu jetable»

Entraîneur de Servette depuis le début de la saison, l’ancien international français Guillaume Boussès livre un témoignage sincère et désabusé sur son expérience dans le rugby professionnel

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En apparence, Guillaume Boussès est une publicité vivante pour le rugby français. Beau mec, la tête bien faite, l’accent chantant de la Garonne et une formation au sein des lignes arrières du Stade Toulousain qui vaut diplôme de french flair. Son parcours emprunte sur une quinzaine d’années tous les chemins connus de la réussite: Toulouse, Biarritz, Bourgoin, Stade Français, Racing, Oyonnax. Il a porté le maillot des Bleus, celui rayé des Barbarians, et même pas de maillot du tout dans le calendrier des Dieux du stade.

En juin dernier, il a pourtant rompu avec les codes de son milieu en annonçant d’une part son dégoût du rugby professionnel, et d’autre part son arrivée à Genève comme entraîneur principal du Servette, club suisse dont la présence dans le championnat de France amateur continue d’alimenter les fantasmes. Ce jour-là, dans les bureaux adossés au Stade de la Praille que la section rugby partage avec le football, Guillaume Boussès vient de répondre en détail à des critiques sur un réseau social. «Une personne qui en plus a postulé pour venir jouer chez nous…»

Lire aussi, en décembre dernier: Gex-Servette, le derby est talonneur

Le Temps: Qui touche de l’argent au Servette Rugby?

Guillaume Boussès: Trois personnes: Jonathan Torossian, qui est responsable à plein-temps de l’académie, la secrétaire qui travaille à 80%, et Gaby [Gabriel Lignières] qui s’occupe lui aussi des jeunes et de l’équipe M18 et qui, je crois, est à 50%. C’est tout. L’équipe bénéficie d’un certain confort mais il n’y a ni salaires ni primes. Les joueurs viennent parce qu’il y a un projet intéressant qui leur permet de continuer à jouer au rugby dans un cadre motivant.

- Et vous?

- Je suis uniquement défrayé pour mes déplacements, entre 180 et 200 euros par mois.

- Vous travaillez à côté?

- Pour le moment, non. J’ai repris mes études en quatrième année d’école de management de Grenoble. J’étudie le management général, non pas tourné vers le sport mais vers l’entreprise. Aujourd’hui, je suis au chômage, j’espère passer mon diplôme cet été et ensuite je chercherai du travail, comme tout le monde. Je pensais pouvoir travailler en plus de mes études et de l’entraînement mais la fin de carrière m’a un peu travaillé psychologiquement. Il m’a fallu un peu de temps pour rebondir. Je ne sais pas si j’ai été en dépression mais par contre, le mot chômage a résonné comme une prise de conscience de ma situation. Maintenant, j’ai réussi à sortir la tête de l’eau et je navigue à vue.

- Quitter le rugby professionnel fut donc un vrai choix avec des conséquences…

- J’ai choisi ma sortie, qui n’est pas la plus facile. J’aurais pu poursuivre en Pro D2, ou même plus bas dans un club qui aurait pu me proposer de l’argent. Quand on compare des salaires de Top 14 avec ce que donnent certains clubs en Fédérale 1, on se demande parfois si c’est bien le même niveau… C’était un choix de vie, une manière de dire que j’en avais marre.

- Marre de quoi?

- De la manière dont le rugby évolue. De la relation avec les entraîneurs. Le joueur est vraiment considéré comme un mouchoir. On te prend, on t’utilise, on t’essore bien et quand tu n’as plus rien à offrir, on ne te connaît plus. Lorsque j’ai fait mes débuts dans le rugby de haut niveau, beaucoup de jeunes étaient encore étudiants et les anciens étaient des pluriactifs, travail le matin, entraînement l’après-midi. Aujourd’hui, le joueur de rugby a perdu le pied dans l’entreprise. Tous ceux qui n’ont pas 50 capes en équipe de France, je ne sais pas ce qu’ils vont devenir. Ils n’ont pas gagné suffisamment pour être rentiers, ils n’ont pas un nom pour faire consultants à la télé, ils ne sont pas restés suffisamment longtemps dans un club pour y nouer des liens avec le tissu local.

- Le jeu?

- J’ai rêvé de jouer au rugby parce que c’est le jeu que j’aimais quand j’étais gamin dans mon village. Ma mère me courait après pour que je rentre à la maison faire mes devoirs. A cette époque, dans une équipe, on pouvait être gros, on pouvait être élancé, on pouvait être petit, il y avait une place pour chacun. J’ai eu ma sélection en équipe de France mais j’en suis vite parti parce que je ne faisais pas 1m90 pour cent kilos. Je ne représentais pas l’homme-robot dont Bernard Laporte rêvait à l’époque. Pour répondre à ces critères et espérer des rémunérations futures, des jeunes n’hésitent pas à prendre des compléments alimentaires, et peut-être des produits illicites, pour allonger les fibres musculaires. Les produits autorisés ne sont pas tous testés, il en arrive de partout. Il y a aussi toute cette omerta au sujet des chocs, des commotions.

- On vous reproche de cracher dans la soupe.

- Je regrette juste que l’on ne montre pas assez la réalité, on surfe sur les valeurs du rugby, l’esprit d’équipe, la convivialité. C’est très bien pour faire des séminaires en entreprises mais quand on est acteur de ce monde-là, quand on creuse, où sont les belles idées, les grands mots? Il y a un vrai décalage.

- Vous avez connu six clubs en quinze ans. Avez-vous fait partout le même constat?

- Je suis parti de Toulouse parce que la relation n’était pas nette avec l’entraîneur Guy Novès. La première année, j’ai dix-huit ans, j’apparais régulièrement en équipe première, tout va bien. L’été suivant, mon copain Nicolas Jeanjean et moi ne figurons pas sur la liste des joueurs inscrits pour la Coupe d’Europe. Personne ne le dit mais on sent qu’il faut faire de la place pour Clément Poitrenaud et Frédéric Michalak, qui ont un an de moins. Ce sont d’excellents joueurs et ils ont fait un parcours magnifique mais leur carrière a été boostée et la nôtre freinée. C’est la loi du sport, mais il y a aussi d’autres facteurs, comme les relations personnelles, qui influencent les jugements et les décisions.

A Biarritz, tout allait bien sur le terrain. Par contre cela a toujours été compliqué avec les dirigeants. Chaque année, il fallait renégocier son salaire et, jusqu’à ce que je prenne un agent, j’ai toujours été payé en dessous du prix du marché. Lorsque je me suis blessé au genou, le club a communiqué sur le fait qu’il me prolongeait mais parallèlement baissait mon salaire de 50%.

Au Stade Français, j’ai connu quatre entraîneurs différents en quatre ans. En arrivant, Fabien Galthié m’annonce que je vais passer six mois au frigo [sans jouer]. Sans explication. A la première erreur qu’il peut m’imputer, il me sort de l’équipe. Au frigo, donc. Je ne joue pas, d’autres clubs se renseignent sur ma situation, Galthié, qui est au courant, me titille dès qu’il peut: «Alors, tu ne veux pas aller à Perpignan?». Je réponds non, parce que je veux montrer que j’ai ma place.

Et puis finalement, j’ai l’occasion de jouer: je rentre en cours de match contre Brive et j’inscris deux essais en une mi-temps. J’ai quatre étoiles dans le «Midol» [Midi Olympique, un journal spécialisé]. J’arrive à l’entraînement le lendemain et Galthié me fait: «Alors, c’est grâce à qui?» J’avais bossé tout seul pendant des mois durant lesquels il m’avait bien fait comprendre que j’étais une merde mais c’était grâce à lui si j’avais surmonté cette épreuve? Et ce type est consultant en RH chez Capgemini et est le chouchou des médias? C’est un très bon coach qui connaît très bien le rugby mais pour moi, humainement, il a de gros problèmes. Je connais d’autres joueurs qui ont vécu la même chose et qui, pour certains, ne s’en sont pas remis et ont disparu.

Au Racing, je suis arrivé dans une équipe un peu particulière, avec des dirigeants particuliers, et ce sentiment qu’il faut être «bankable» pour jouer. Oyonnax, c’était déjà pour sortir en douceur et ne pas finir complètement écœuré par ce monde-là.

- Vous avez côtoyé une dizaine d’entraîneurs. Est-il possible d’agir différemment?

- Oui, il y a beaucoup de choses du monde de l’entreprise qui sont facilement transposables. Dans la manière de faire, dans le relationnel avec les gens. Tenir un discours de vérité, être franc. A quoi cela sert-il de mentir à quelqu’un qui est payé pour être à disposition?

- Que recherchez-vous avec Servette?

- Faire vivre un projet. J’essaie d’inculquer une culture de référence pour que le club vive bien, pour que les jeunes puissent avoir les yeux qui brillent et pour que le club puisse grandir correctement. La finalité, ce n’est pas d’être champion en fin de saison, c’est de vivre ensemble une aventure qui nous fera tous grandir. Personnellement, j’agis comme si j’étais manager d’une entreprise de 48 personnes. Ce sont des amateurs à qui j’essaye d’apporter mon exigence sans me les mettre tous à dos; je pense que ce sera une très bonne expérience pour ma vie future. C’est ça qui m’intéresse, pas de devenir entraîneur. Je ne cherche pas une équipe à coacher.

- Vous regardez encore le rugby pro?

- J’ai voulu m’y remettre. Je me suis un peu forcé pour le Tournoi et puis, aux premiers commentaires de journalistes qui se trompaient sur les noms ou confisquaient le micro pour se mettre eux en valeur, j’ai coupé. Je suis nostalgique de l’époque où je suivais les matchs avec ma grand-mère, on baissait le son de la télé et on écoutait Daniel Herrero sur Sud Radio.
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Re: entraineurs de rugby

le Ven 24 Fév 2017 - 13:52
Inkulées de valeurs et inversement lol

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Re: entraineurs de rugby

le Ven 13 Oct 2017 - 20:45
CHAMPIONS CUP - En conférence de presse, l'entraîneur du Leinster a sévèrement critiqué le modèle économique des Saracens. Et, plus globalement, la culture dépensière des clubs anglais et français.

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"Comment voulez-vous rivaliser ?" À quelques jours du début de la Champions Cup, l'entraîneur du Leinster et ancien deuxième ligne du XV du Trèfle (32 sélections), Leo Cullen, s'en est pris aux clubs français et anglais qui dépensent à tout-va. Depuis que le Leinster a gagné son dernier titre européen en 2012, la compétition a été dominée par Toulon et les Saracens, deux clubs qui disposent de moyens financiers sensiblement différents de ceux du Leinster, selon Cullen. "Les Saracens, il n'y a qu'à regarder les pertes qu'ils accumulent : 5 M£, 5M£, 5M£, 6M£, 4M£. C'est pour cela qu'ils dominent le rugby européen depuis deux saisons". La dette que les Saracens ont accumulé s'élevait à plus de 50 millions de livres en janvier 2016. De leur côté, le Leinster ne peut pas se permettre ce genre d'écart car les comptes des provinces irlandaises sont surveiller de près par l'IRFU.

"Nous avons notre manière de faire les choses, réplique Cullen, et notre modèle économique est viable. On ne peut pas contrôler ce que font les autres clubs, ni accumuler 50 millions de livres de pertes, ce n'est pas ainsi que nous fonctionnons. Je sais que les Saracens ont cette chose qu'ils appellent 'fabriquer des souvenirs' mais ils le font en accumulant des dettes colossales dans le même temps..."
Montpellier "construit sur le même modèle"

Ce week-end, le Leinster recevra Montpellier dans son antre du RDS Arena. Montpellier, "une équipe construite sur le même modèle", toujours selon l'entraîneur du Leinster. "Ils essaient de s'améliorer année après année. D'ailleurs, s'ils ont tant dépensé cet été, c'est pour être plus fort que l'année passée. On ne s'en inquiète pas, nous sommes focalisés sur nous-mêmes, on ne contrôle rien d'autre de toute façon."

Difficile de contredire Leo Cullen quand il explique que le modèle irlandais est différent de celui des clubs français ou anglais. Pour preuve, le Leinster a aligné ce samedi, dans le derby contre le Munster, 21 joueurs issus de leur académie sur 23 joueurs présents sur la feuille de match. Un fait rare et à mettre en avant dans le rugby moderne.

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Re: entraineurs de rugby

le Ven 13 Oct 2017 - 21:13
Quand il a mis une poire à Kayser en demie 2012 sans que Barnes ne le sorte, il n'en a pas fait une question de pognon lol.

Sinon moralement, nous sommes sans doute Champions d'Europe 2017 donc, et puis 2013 on le sait déjà, et donc 2015 par voie de conséquence.

Pour 2012 je pense aussi qu'on aurait mis la misère à l'Ulster


4 étoiles d'un coup ça fait un choc. #jesuisleprincesseflore

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Re: entraineurs de rugby

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